Accessibilité universelle : des besoins encore trop méconnus
Publié le 25 mai 2026 à 16:30, modifié le 25 mai 2026 à 16:30
Un an après la création du programme Charlevoix Accessible, il y a encore du chemin à faire pour que les personnes à mobilité réduite aient un meilleur accès aux commerces et organisations de la région. Les lacunes seraient principalement dues à une méconnaissance des besoins.
Joseph Lavoie rêve du jour où il pourra magasiner dans le commerce de son choix. Mais trop souvent encore, son fauteuil roulant se bute à un obstacle.
« Hé, on va-tu à telle place? Moi, je suis le premier à penser, ça fonctionne dans ma tête : c’est-tu adapté? Ah non, moi je ne peux pas y aller, ce n’est pas adapté. C’est vrai qu’il y a un coup de frustration », confie le président du c.a. d’Envol Charlevoix, dont la mobilité est réduite depuis plus de 30 ans.
Pour l’organisme de services aux personnes ayant des limitations physiques, ils sont encore les grands oubliés de notre société. « Les gens en situation de handicap sont moins scolarisés, il y a moins de diplômes, soit collégial, universitaire. Ils sont moins présents sur le marché de l’emploi. Au niveau aussi des transports, c’est encore compliqué », constate la directrice générale, Sylvie Breton.
Avec le programme Charlevoix Accessible, Envol Charlevoix accompagne aussi des organisations à rendre leur accessibilité universelle. C’est principalement de l’ignorance qui explique les lacunes.
L’agente de sensibilisation et de promotion, Naomie Beauchamp Tremblay, veut « que ça devienne un réflexe pour les entreprises de dire : aussitôt qu’on a besoin de faire des travaux, que ce soit majeur, mineur, que ce soit dans la pensée de dire : est-ce que qu’on peut améliorer notre accessibilité? »
Adapter ses infrastructures peut tout de même exiger des investissements importants. Le Centre de prévention du suicide (CPS) de Charlevoix, par exemple, a payé 35 000 $ seulement pour la rampe extérieure de ses nouveaux bureaux.
L’organisme a aussi assumé les frais pour « l’accessibilité à l’intérieur, autant la salle de bain qui est adaptée. Nous, on a prévu nos corridors aussi pour qu’ils soient suffisamment larges, des portes, même chose pour qu’un fauteuil roulant puisse facilement y accéder. C’est sûr que ça demande quand même de l’argent », admet Christine St-Pierre, coordonnatrice du volet prévention au CPS.
Avec sa rampe chauffante, l’Auberge Chez Truchon est un autre exemple à suivre. L’engagement de plusieurs organisations, comme le Festif!, la Municipalité de Saint-Irénée, le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul et la Brûlerie Charlevoix, sera aussi souligné. -CLIP-
« Les gens qui sont déjà accessibles, il y en a beaucoup quand même. C’est juste qu’on n’est pas au courant. Donc moi je veux mettre en lumière aussi ces gens-là, puis les faire plus connaître, puis faire rayonner aussi leur initiative », conclut Naomie Beauchamp Tremblay.