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Accès aux soins en santé mentale: peu de progrès selon des intervenants

Publié le 22 août 2025 à 16:50, modifié le 22 août 2025 à 16:50

Par: Cloe De Gagne

Exactement un an après la mise en place de mesures d’aide en santé mentale, un organisme de la Gaspésie affirme que la situation ne se serait pas améliorée, mais qu’au contraire, elle se serait dégradée. Plus d’une dizaine de personnes feraient une demande d’aide par semaine.

Un an après le lancement de nouveaux services pour améliorer l’accès aux soins en santé mentale en Gaspésie, la situation reste difficile pour les personnes en situation d’itinérance, selon un organisme.

Il y a exactement un an, le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, s’était rendu à Chandler pour annoncer le déploiement de nouveaux services. Il était question d’accompagnement dans la communauté, d’intervention en psychiatrie et de traitement intensif à domicile, mais de courte durée. Aujourd’hui, plusieurs intervenants d’organismes communautaires dressent un constat préoccupant : les effets concrets se font toujours attendre.

« Je n’ai pas entendu mes collègues dire qu’il y avait eu de l’amélioration. Moi non plus, je n’ai pas vu d’amélioration vraiment. Je vous dirais que ce que je vois le plus, c’est qu’il y a une augmentation énorme du taux d’itinérance dans la région. » affirme Dominique Bouchard, présidente, Regroupement des ressources alternatives en santé mentale Gaspésie et les Îles.

Alors que l’itinérance était auparavant « cachée », elle est aujourd’hui de plus en plus visible dans la région. Des personnes se réfugient à la vue de tous. Les centres d’aide de la Gaspésie reçoivent entre 10 et 15 nouvelles demandes par semaine, sans qu’aucun plan concret n’ait été mis en place pour loger ces personnes, malgré l’hiver qui approche à grands pas.

« C’est une belle initiative de dire qu’on fait un suivi directement chez les gens, oui. En ville, c’est facile. Les rues sont proches, mais en région éloignée, c’est vraiment un coup d’épée dans l’eau. » dénonce t-elle.

Les très grandes distances à parcourir dans la région pose aussi problème. La personne intervenante doit se limiter à quelques interventions par jour.

« D’un, il y a le coût du salaire de la personne, on parle toujours de 100 000$ et de deux, les frais de déplacement vont être énormes et c’est ce que je trouve le plus choquant parce qu’il y a des organismes comme le centre Accalmie qu’on aurait eu ces sous là pour faire du suivi d’intensité variable directement dans la population, oui ça aurait pu se faire. On a une expertise. » assure la présidente.

Contrairement aux grandes villes, où il est plus facile de trouver une halte-chaleur ou de se réfugier dans une station de métro, les options sont quasi inexistantes en région éloignée.

Face à cette réalité, plusieurs intervenants demandent un virage plus pragmatique : intégrer pleinement les organismes communautaires au cœur des solutions, en leur donnant les moyens de jouer leur rôle. Car l’expertise est là. Ce qui manque, ce sont les ressources, la reconnaissance, et une adaptation réelle aux particularités du territoire gaspésien.