À bord du Bigger Fish : trois ans en mer avant de replonger à l’aventure
Publié le 21 août 2024 à 16:57, modifié le 21 août 2024 à 16:59
Par: CIMTCHAU
Après trois années de navigation en mer, Hugo Hamel et Mireille Morin, un couple de Montréalais, sont de retour au Bas-Saint-Laurent. En juillet 2021, ils ont pris une décision audacieuse : quitter leurs emplois, vendre leurs biens, et partir pour une grande aventure en voilier à bord du Bigger Fish.
Leur périple les a menés du Québec jusqu’aux eaux chaudes de la Grenade, près des côtes du Venezuela.
« C’est la plus belle décision, je pense qu’on écrit ensemble, » raconte Hugo Hamel. « De tout larguer, de vendre la maison et les voitures, et de ne plus s’empêtrer de tout cela. » Ce choix radical a permis au couple de vivre une expérience unique, mais pas sans défis.
Malgré une réserve de 1 000 litres d’eau et un dessalinisateur pour convertir l’eau salée en eau potable, la vie en mer est loin d’être une croisière tranquille. « C’est beau, c’est idyllique, oui, c’est beau les couchers de soleil, mais tu allumes plein d’huile, tu changes des pièces constamment, tout brise. C’est un projet sans fin. Tu as fini un bout, tu recommences, » explique Hugo. « Moi, je ne changerai pas de vie, et je le souhaite à tout le monde de le faire, mais c’est de l’ouvrage. »
Le couple consacre entre 10 et 15 heures par semaine à des tâches manuelles pour entretenir le bateau, tout en continuant à travailler à distance. À l’étranger, le sirop d’érable est devenu une monnaie d’échange précieuse. « Ça s’échange contre tout ce dont t’as besoin : un bris mécanique, un filtre à gaz, une courroie de moteur, un litre d’huile pour le moteur hors-bord, contre n’importe quoi, » précise Hugo. Ces échanges ont également facilité des rencontres avec des marins de différents horizons : « Ça permet surtout un transfert de relation et de rencontre avec un bateau allemand, un bateau américain, un bateau français. »
Malgré les difficultés, Hugo et Mireille ont trouvé que cette expérience les a rapprochés. « Clairement, ça nous a soudé, » affirme Mireille. « On se l’était fait dire au départ : ou bien vous ne revenez pas ensemble, ou vous revenez ensemble pour toujours. Je pense qu’on a choisi la bonne option. »
De retour au Bas-Saint-Laurent pour retrouver leurs proches, ils prévoient déjà de repartir vers les Antilles pour y passer l’hiver. Mireille admet que la gestion émotionnelle de leur départ n’est pas facile : « On a compris que ça ne sera jamais assez pour notre famille. Peu importe le temps qu’on passe avec eux, en ce moment, on gère émotionnellement le fait de repartir. »
Les tourtereaux espèrent également faire une traversée de l’Atlantique au printemps 2026, poursuivant ainsi leur rêve de vie en mer.