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3 000 lettres pour faire bouger les choses

Publié le 8 juillet 2019 à 15:52, modifié le 9 juillet 2019 à 10:43

Par: Alexie André Belisle

Depuis 25 ans, le militant Claude Snow écrit des lettres aux fonctionnaires de la province du Nouveau-Brunswick. Après avoir participé à l’envoi de plus de 3 000 d’entre elles, il écrit maintenant un livre sur les pouvoirs de la correspondance.

Faire valoir son cas par écrit auprès des fonctionnaires de la province peut permettre d’obtenir gain de cause. Voilà la conviction sur laquelle Claude Snow base son travail depuis 1993. Dans son nouveau livre « Tenir la main qui écrit », il revient sur de nombreuses situations où il a aidé des victimes de mauvaises décisions gouvernementales à s’en sortir.

« Ce sont des preuves à l’appui, que ça a marché, que c’est un moyen efficace, parce qu’il y a au moins une centaine de situations ici où les gens se sont exprimés et ils ont eu gain de cause », affirme le militant.

Il a fondé le comité des 12 pour suggérer aux gens d’écrire aux fonctionnaires et les accompagner dans ce processus : « les gens se sentent plus en confiance parce qu’ils ont des outils d’affirmation et des outils d’expression qu’ils n’avaient pas avant. »

Le travail du comité a permis de changer plusieurs règlements au fil des années. Par exemple, de nombreuses personnes bénéficiant de l’aide sociale étaient débranchées par Énergie NB lorsque ces derniers avaient de la difficulté à acquitter les montants sur leurs factures. « Alors on a fait beaucoup de travail pour convaincre Énergie NB d’égaliser les paiements, ça, c’était une façon de faire, et deuxièmement pour convaincre l’aide sociale de prendre l’argent à la source, avec le consentement de la personne naturellement », explique-t-il.

De nombreux problèmes liés au transport des personnes malades qui doivent recevoir leur traitement dans les grands centres urbains ont aussi été améliorés. « Le gouvernement disait, bah c’est bien, trouvez-vous un moyen de transport, payez-le et faites-vous donner un reçu. On vous remboursera. Mais des gens qui vivent au jour le jour, c’est-à-dire qu’ils ont très peu d’argent, n’ont pas l’argent pour payer à l’avance. » Maintenant, le gouvernement paye directement le chauffeur, ils donnent une avance.

Monsieur Snow admet toutefois qu’il s’agit d’un travail ardu : « on ne peut pas s’attendre qu’on peut écrire à un fonctionnaire et dès le lendemain on va avoir une réponse positive. Il faut envoyer des rappels, il faut réexpliquer, il faut talonner. »

D’autant plus que tout est fait bénévolement. « On préfère ne pas avoir de subventions, pour être complètement libres. On est capable de dire les choses telles qu’elles sont sans avoir la crainte de perdre des subventions. »

Un nouveau défi attend maintenant Claude Snow. Avec les années, il craint de ne pas trouver une relève pour le remplacer.