Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Des étudiants dénoncent des lacunes dans la formation en construction navale à Gaspé

Publié le 29 avril 2026 à 17:03, modifié le 30 avril 2026 à 09:42

Par: Patrick Giguère

Un groupe d’étudiants inscrits à la formation en construction navale à Gaspé dénonce plusieurs problèmes dans leur parcours scolaire, notamment des incertitudes quant aux débouchés dans la région. Pour sa part, l’industrie se veut rassurante.

Une lettre a été transmise au ministère de l’Éducation pour signaler la situation.

 Le groupe d’étudiants, qui veut rester anonyme par craintes de représailles, demande au gouvernement de vérifier si les conditions sont réellement réunies pour maintenir le programme à Gaspé.

 Dans leur missive, dont nous avons obtenu copie, les étudiants soulèvent une certaine instabilité.

Ils donnent comme exemple le départ du troisième formateur, ce qui complique les apprentissages. Ils dénoncent aussi un accès difficile aux plateaux techniques, parfois inaccessibles ou surchargés, ce qui limite la pratique.

Les étudiants évoquent un taux d’abandon de 20 % après seulement quelques semaines et remettent en question les perspectives d’emploi locales, estimant que les besoins ne sont pas au rendez-vous

«  L’argent des contribuables et le temps des étudiants méritent une meilleure organisation. Un groupe d’étudiants soucieux de la qualité de leur métier. », peut-on lire.  

Première cohorte 

L’attestation d’études professionnelles en construction navale est d’une durée de 570 heures et est offerte en formule travail-études en collaboration avec le Chantier naval Forillon. 

Elle permet un apprentissage en milieu réel tout en acquérant des connaissances en mécanique, électricité et structure.  

« C’est très intéressant comme programme et c’est à niveau avec ce qu’on a de besoin » , indique Annie-Pier Dea,adjointe à la direction, Conception navale FMP de Newport.

La première cohorte a débuté en février dernier et est dispensée par le Centre de services scolaire des Chic-Chocs (CSSCC) et la Commission scolaire Eastern Shores.

Les deux établissements scolaires reconnaissent que le projet-pilote est à ses tout débuts, tout en soutenant que le fonctionnement est normal.

« Ce partenariat permet de regrouper des expertises, d’optimiser les ressources disponibles et de proposer une offre de formation adaptée aux besoins régionaux  du marché du travail », fait savoir Nadine Cotton, la responsable des communications au CSSCC.

« Les entreprises partenaires impliquées dans le programme ont souligné l’intérêt, l’engagement et la qualité de l’attitude des élèves en milieu de travail », ajoute l’organisation.

Concernant les abandons, ils évoquent trois départs liés à des choix personnels.

« Le taux de placement est quand même très bon, puisqu’il s’agit de main-d’œuvre qualifiée.  (…) Comme je le disais, je vais prioriser l’embauche de ces gens-là plutôt que celle de personnes qui n’ont pas suivi ce programme », affirme Mme Dea.

«En résumé, le programme est offert de manière conforme, dans le cadre d’un projet structurant et innovant pour la région, avec une organisation adaptée aux exigences du secteur et orientée vers l’intégration rapide en emploi », ajoute Mme Cotton.

Autant chez Les Bateaux en aluminium Drody à Douglastown que chez Conception navale FMP à Newport, les équipes sont complètes.

Annie-Pier Dea reconnaît cependant que les besoins étaient au ralenti dans les dernières années.   

« C’est difficile pour les gens de prévoir une construction neuve, en raison de l’incertitude des captures, du prix au débarquement et des taux d’intérêt, qui demeurent relativement élevés. Tout cela freine les démarches », souligne-t-elle.

Mme Sea est optimiste pour la prochaine année.

« On amorcera une nouvelle construction pour la pêche au homard à Anticosti d’ici trois semaines. Ce développement de la pêche au homard à Anticosti, qui a pris de l’ampleur au cours des dernières années, pourrait représenter un marché très intéressant pour les chantiers navals. »

Du côté du Chantier naval Forillon, on affirme qu’il existe bel et bien des postes à combler et que cette formation répond à un besoin réel, local ou ailleurs au Québec.

On a décliné notre demande d’entrevue tout comme les deux établissements scolaires.