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128 000$ séparent 21 enfants de Saint-Arsène d’une place en garderie

Publié le 10 juin 2021 à 16:56, modifié le 10 juin 2021 à 22:13

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

128 000$. C’est le montant qui sépare 21 enfants d’une place en garderie à Saint-Arsène.

En septembre 2020, un premier appel d’offres pour le projet de nouveau CPE avait été remporté à 990 000$, mais des délais administratifs ont forcé la municipalité à recommencer le processus en mai dernier. Le nouveau prix demandé est maintenant de 1 118 000$ et la municipalité ne veut pas absorber seule ce surplus.

« Le premier objectif, ce serait que ce qui s’est passé dans ce dossier-là, qu’on ne refile pas la facture aux citoyens. Parce que ce serait préjudiciable, je pense », lance d’emblée le maire de Saint-Arsène, Mario Lebel. Il considère que le gouvernement est en partie responsable de cette hausse des coûts de 128 000$ et souhaite maintenant négocier avec le ministère de la Famille pour qu’il en paie une partie.

« Dans le meilleur des mondes, ce serait qu’ils absorbent tout le surplus de 128 000$. Peut-être qu’on ne se rendra pas là, mais au moins ce serait l’objectif ultime », poursuit-il.

Rencontré ce matin, le maire explique que le plus bas soumissionnaire, Marcel Charest et fils, a donné un délai de 60 jours à la municipalité pour donner une réponse, ce qui laisse peu de temps aux différents partis impliqués de s’entendre. Il souhaite s’asseoir avec le CPE des Cantons ainsi qu’avec des représentants du ministère dès la semaine prochaine.

« On veut trouver un terrain d’entente qui va satisfaire tout le monde. Autant la municipalité que le ministère de la Famille qui désire ardemment installer des places en services de garde. » – Mario Lebel, maire de Saint-Arsène

Le bureau du député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, Denis Tardif, a expliqué qu’il ne comptait pas négocier sur la place publique, mais que la position de la municipalité avait été partagée au ministère.

Et si le projet va de l’avant?

Le maire explique que l’entrepreneur en construction souhaite que la première pelletée de terre se fasse en septembre, pour une livraison à la fin mai ou au début du mois de juin 2022.

Si la municipalité, le ministère de la Famille et le CPE des Cantons arrivent à s’entendre sur ce projet permanent, un projet de places temporaires pourrait voir le jour dans le tout nouveau centre communautaire Morneau. L’objectif serait de créer des places dès septembre prochain, en attendant la livraison du nouveau bâtiment. Le partage des coûts du projet, comme l’électricité et les assurances, feront aussi partie des discussions avec le ministère de la Famille.

« Le rez-de-chaussée pourrait servir de place temporaire peut-être de septembre prochain à juin 2022. Il ne faudrait pas excéder ça parce qu’il y a des camps de jour l’été », suggère le maire.

Le CPE des Cantons a déjà visité les installations du centre communautaire, qui n’auraient pas besoin d’améliorations importantes pour accueillir les enfants pendant quelques mois. Tout dépend par contre de la réponse à cette question : qui acceptera de payer le surplus de 128 000$?

La pétition pour le manque de places en garderie déposée

C’est aujourd’hui que le mouvement Ma place au travail déposait sa pétition à l’Assemblée nationale pour que le gouvernement reconnaisse la crise des places en garderie et l’urgence d’agir. La porte-parole, Myriam Lapointe-Gagnon, a livré un vibrant plaidoyer à Québec ce matin.

« Cette crise est bien réelle. Elle nous envahit dans notre quotidien. Nous la ressentons partout autour de nous. Cette crise, nous tâchons avec la collaboration de tous les partis d’opposition de la garder dans l’actualité, afin qu’un plan d’urgence national soit enfin mis en branle », a-t-elle argué.

Elle a lancé plusieurs flèches au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, prétextant que les mesures annoncées jusqu’ici par son gouvernement n’étaient pas suffisantes. Le ministre n’a pas perdu de temps pour lui répondre quelques minutes après son allocution.

« Ma responsabilité, c’est de faire tout ce qu’on peut pour qu’ultimement, chaque enfant puisse avoir une place. Moi je demande aux gens qui trouvent qu’on ne va pas assez vite : qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus? Pour l’instant, on écoute nos partenaires, on travaille avec eux et on fait des avancées majeures », a-t-il rétorqué.