Grève de la fonction publique au N.-B.: les employés de la santé forcés de retourner au travail
Publié le 5 novembre 2021 à 17:03, modifié le 5 novembre 2021 à 17:03
Par: CIMTCHAU
Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement de Blaine Higgs durcit le ton et décrète un arrêté obligatoire forçant les employés de la santé en grève à quitter les lignes de piquetage et à retourner dans leurs lieux de travail dès minuit vendredi soir.
Les autorités gouvernementales attribuent la décision aux répercussions du conflit sur le fonctionnement du système de santé. Le Réseau Vitalité dit composer avec 70 % de ses effectifs avec un taux d’occupation dans ses hôpitaux de 100 %.
-«Après sept jours de débrayage qui affecte le système de santé, il nous apparaît clair que les impacts de la grève sur nos patients commencent à être significatifs et un retour à la normale est nécessaire dans les plus brefs délais», a expliqué la pdg du Réseau Vitalité, Dre France Desrosiers.
Une certaine confusion a régné en matinée concernant cette grève de plus de 20 000 employés de la fonction publique. Le premier ministre Higgs a dit qu’une entente de principe était survenue alors que les dirigeants syndicaux ont nié cette information.
-«C’est sa façon à lui de négocier au lieu de prendre nos négociateurs, s’asseoir et discuter ; il fait cela juste pour essayer de nous nuire».
-«Je suis déçue mais en même temps, c’est dans ses habitudes. Il conserve le même pattern que depuis le début ».
Le premier ministre Higgs est même allé à la rencontre des grévistes lors d’une conférence de presse devant l’assemblée législative.
-«Il essaie d’obtenir la sympathie des gens qui nous appuient pour tout simplement nous diviser».
-«C’est vraiment de la négociation déloyale depuis le début ; ce matin, ça été flagrant ; c’est un show de boucane qu’il a essayé de faire».
Les agissements du gouvernement Higgs ne sont pas sans laisser les partis de l’opposition indifférents.
-«Lorsqu’on a passé une complète semaine sans négocier, pour moi ça été du temps qui a été complètement perdu ; on aurait dû continuer à négocier», a indiqué Jean-Claude D’Amours, député provincial de la circonscription d’Edmundston/Madawaska-Centre.
Les fonctionnaires en grève maintiendront leur présence sur les lignes de piquetage.
-«C’est difficile pour le moral; les gens nous appuient et ça donne du gaz pour continuer».
-«C’est un peu stressant mais il faut regarder pour nous autres. On est là, on a supporté le système depuis des années ; et là, la seule chose qu’on demande, c’est l’appui pour le travail qu’on fait».
-«On n’a jamais voulu se rendre là ; ça fait des mois on négocie avec, si c’est pas des années ; il n’y a aucune ouverture d’esprit pour essayer de changer les choses».
Le gouvernement n’a pas donné de détails sur quelles pourraient être les conséquences pour les employés de la santé qui désobéiront à ce retour forcé au travail.