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Hockey : Ann-Renée Desbiens toujours sous le choc de l’annulation du championnat mondial

Publié le 28 avril 2021 à 17:09, modifié le 28 avril 2021 à 17:09

Par: CIMTCHAU

La déception est toujours aussi vive pour la gardienne Ann-Renée Desbiens, une semaine suivant l’annulation du championnat mondial de hockey féminin. Les hockeyeuses ont disputé leur dernière compétition internationale il y a plus de 700 jours.

«Je suis vraiment en état de choc présentement. Je sais que ça fait déjà presque une semaine que je l’ai appris, mais on dirait que je ne dors pas encore très bien la nuit», a raconté la gardienne d’entrée de jeu.

Les sacrifices ont été nombreux pour les athlètes de la formation canadienne dans les derniers mois. Les joueuses se sont soumises à une série de tests en plus des quarantaines. La compétition arrivait à point surtout à l’approche des prochains Jeux d’hiver.

«C’est vraiment compliqué pour nous, surtout avec les Olympiques de 2022 qui s’en viennent. On s’entraîne fort tous les jours, mais éventuellement, il faut pouvoir compétitionner à ce niveau-là pour être prête pour l’opportunité d’une vie», a ajouté Ann-Renée Desbiens.

La pilule est encore plus difficile à avaler, puisque l’événement permet aux joueuses d’obtenir des sous par le biais de commanditaires et de Hockey Canada.

«Ces événements-là, ce sont les seules opportunités en tant qu’athlète féminine de prouver ce qu’on peut faire et ce qu’on peut apporter. Aussi de pouvoir payer de nos factures, mais voilà que ça nous est enlevé. Ça nous rajoute donc de la pression sur le côté financier, puisque la majorité d’entre nous ne peuvent pas avoir de job sur le côté», précise-t-elle.

Le tournoi devait se tenir à Truro et à Halifax. Cette annulation est en grande partie due aux récentes mesures annoncées par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse.

«Le problème, c’est vraiment que le premier ministre ne pouvait pas justifier d’exiger plus de mesures à sa population et d’avoir une compétition internationale en même temps», a expliqué Desbiens, alors que la Nouvelle-Écosse a présenté de nouvelles consignes récemment interdisant notamment les événements et les entraînements sportifs pour au moins deux semaines.

Ce qui frustre et désole la Charlevoisienne, c’est qu’une fois de plus, l’inégalité entre les hommes et les femmes dans le sport refait surface.

«Je regardais plus tôt cette semaine les matchs des Sénateurs et des Canadiens, mais aussi le championnat mondial des moins de 18 ans. Malheureusement, tu ne vois jamais de hockey féminin. Donc c’est quoi le message qu’on envoie aux petites filles que le hockey masculin peut avoir lieu même en pandémie, mais le hockey féminin, on n’est pas capable de trouver de solutions», conclut-t-elle, surtout que les hockeyeuses féminines se battent depuis longtemps pour avoir une ligue de hockey professionnelle en Amérique du Nord.

Hockey Canada travaille pour déplacer le tournoi. Desbiens espère que l’événement puisse avoir lieu d’ici les Olympiques, elle qui se bat pour le rôle de gardienne partante.