Réactions mitigées face au dépôt du budget fédéral
Publié le 20 avril 2021 à 12:10, modifié le 20 avril 2021 à 15:35
Par: CIMTCHAU
Le budget fédéral déposé hier par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, suscite des réactions mitigées. Plusieurs mesures et dépenses annoncées lundi toucheront les citoyens de nos régions. Le gouvernement Trudeau délie les cordons de la bourse pour bonifier l’aide aux aînés et les prestations de l’assurance-maladie de l’assurance-emploi, en plus de prolonger plusieurs mesures d’aide aux entreprises en lien avec la pandémie mondiale.
L’une des mesures phare du budget, le versement en août prochain d’un montant de 500$ pour les pensionnés de la Sécurité de la vieillesse qui auront 75 ans ou plus en juillet 2022. Le budget prévoit aussi l’augmentation des paiements réguliers de 10% pour cette même tranche d’âge à compter de 2022.
Le député bloquiste de Rimouski-Neigette – Témiscouata – Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, salue certaines décisions du budget mais compte bien proposer un amendement pour que le versement de 500$ soit disponible dès l’âge de 65 ans.
« Depuis quand existe-t-il deux catégories d’aînés, ceux qui ont droit à un soutien et les plus jeunes d’entre eux qui ne reçoivent rien? Cette division totalement arbitraire ne reposant sur aucun argument sociologique crée deux classes d’aînés et elle fera de toute hausse de la pension de vieillesse pour les années subséquentes un enjeu électoral », critique-t-il.
Le Réseau FADOQ aurait souhaité que la bonification de 10% soit instaurée dès 2021 au lieu du montant ponctuel de 500$. L’âge fixé à 75 ans pour être admissible à ces montants est loin de faire l’unanimité.
« Une belle intention d’aider financièrement les aînés sur la forme, mais sur le fond, les personnes de moins de 75 ans admissibles à la Sécurité de la vieillesse (SV) n’obtiennent absolument rien » – Gisèle Tassé-Goodman, présidente du Réseau FADOQ
Tourisme, festivals et entreprises ne sont pas en reste
Le gouvernement Trudeau prévoit également une somme d’un milliard de dollars pour soutenir l’industrie touristique. 500M$ serviront à créer un fonds d’aide qui sera administré par les agences de développement régional, un fonds qui doit entre autres aider les entreprises à se remettre de la pandémie, et à absorber les coûts liées au respect des règles sanitaires. La balance de 500M$ profitera notamment aux festivals et aux organismes culturels et communautaires.
Les entreprises pourront aussi avoir accès à la Subvention salariale d’urgence jusqu’en septembre prochain. La Subvention d’urgence pour le loyer et la mesure de soutien en cas de confinement seront aussi étendues jusqu’au mois de septembre, avec une baisse progressive prévue à partir de juillet.
Bonification des prestations de l’assurance-maladie
Prévue pour l’été 2022, cette bonification fera passer de 15 à 26 semaines la période maximale de couverture des prestations de maladie de l’assurance-emploi. Les personnes dont une blessure ou une maladie empêche de revenir au travail bénéficient habituellement de ces sommes.
Marie-Hélène Dubé, une citoyenne originaire de Rivière-du-Loup qui a combattu trois cancers, parle d’une « fausse bonne nouvelle », malgré le pas dans la bonne direction. Le nombre de semaines devra selon elle être prolongé à nouveau pour répondre aux besoins réels des prestataires.
« Dans les gens qui ont besoin de dépasser 15 semaines, c’est environ 30% des prestataires, c’est pas non plus énorme, mais dans ces gens-là, 77% ont besoin de minimum 41 semaines. Donc 26 semaines, on répond aux besoins d’environ 23% des gens », explique celle qui a fondé et qui dirige la campagne « 15 semaines, ce n’est pas assez ».
Elle fait remarquer qu’un parent qui doit s’occuper de son enfant malade a droit à 35 semaines de prestations, alors qu’à l’inverse un parent malade aura droit à 26 semaines, ce qui ne fait pas de sens selon Marie-Hélène Dubé, qui précise qu’elle est tout à fait en accord avec le nombre de semaines octroyées pour s’occuper de son enfant.
« Si c’est évolutif, ça va. Mais si on s’enligne sur quelque chose de définitif, ce n’est vraiment pas une belle avancée », conclut-elle.
Les transformateurs laitiers souhaitaient davantage
Le gouvernement fédéral a aussi annoncé hier dans le cadre du dépôt de son budget qu’il libérera une somme de 292 M$ sur sept ans pour aider les transformateurs de produits agricoles soumis à la gestion de l’offre, ce qui inclut les transformateurs laitiers canadiens.
Le Conseil des industriels laitiers du Québécois (CILQ) parle d’un pas dans la bonne direction pour les transformateurs, mais s’attend à davantage au cours des prochaines années pour pallier aux pertes de revenus liés aux nouveaux accords de libre-échange internationaux.
« Les sommes prévues au budget du gouvernement fédéral d’hier ne couvrent pas les conséquences sur le secteur de l’accord Canada-États-Unis-Mexique qui est entré en vigueur en 2020. Néanmoins, le CILQ prend bonne note de l’engagement du gouvernement du Canada d’accorder une indemnisation entière et équitable relativement au nouvel ALÉNA », termine le conseil.