Détresse psychologique : les appels à l’aide en forte hausse
Publié le 16 avril 2021 à 17:37, modifié le 16 avril 2021 à 17:44
Par: CIMTCHAU
La détresse psychologique s’est aggravée ces dernières semaines avec la troisième vague de la pandémie. La santé mentale de nombreux citoyens est de plus en plus fragile.
Ce sont effets collatéraux de la pandémie. L’isolement, la perte d’un emploi, l’angoisse d’attraper le virus… Ce sont quelques-uns des facteurs qui créent de l’anxiété chez de nombreux citoyens.
«Un stress comme ça c’est unique. Un stress qui se prolonge aussi dans le temps aussi longtemps ça épuise. Alors ce que l’on voit principalement dans la communauté c’est de l’épuisement», explique le médecin psychiatre, Jean-François De la Sablonnière.
Les personnes déjà fragilisées par les épreuves de la vie ont du mal à garder la tête hors de l’eau.
«On le voyait à la deuxième vague cet automne, mais là ça se confirme et ça s’amplifie. La détresse des gens qui font de nouvelles demandes elle est très très très grande», confie la directrice du Centre de prévention suicide de Charlevoix, Renée-Claude Laroche.
Et le sentiment, chez les personnes touchées, que la situation ne s’arrangera jamais.
«Ce qui est flagrant dernièrement, c’est l’espoir. L’impression que ça ne finira pas de finir et qu’on s’en sortira plus, qu’on ne reviendra pas en normal, ça on l’entend de plus en plus», ajoute la directrice.
Les addictions et les troubles du comportement ont grimpé en flèche.
«La consommation est augmentée, l’impulsivité est grande, le sentiment de perte de contrôle de soi-même est beaucoup plus important, des épisodes suicidaires antérieurs il y en a beaucoup plus», complète Renée-Claude Laroche.
«Les maladies affectives, les troubles anxieux, les maladies psychotiques, vont s’exprimer davantage en fonction des stress que la personne vit», ajoute le Dr Jean-François De la Sablonnière.
Au centre de prévention suicide du KRTB, les appels de détresse ont doublé. Au printemps 2020 les travailleurs sociaux en traitaient 5 par jour, aujourd’hui ils en traitent près d’une dizaine.
«On a eu une augmentation par rapport aux jeunes comparativement à avant. (…) mais ce qui est intéressant c’est qu’ils viennent chercher de l’aide donc c’est un facteur de protection pour eux», confirme la directrice générale, Julie Jalbert.
Les médecins sont débordés, mais présents.
«L’équipe de 25 psychiatres du CISSS du Bas-Saint-Laurent n’a jamais autant travaillé que dans la dernière année», reconnait le Dr De la Sablonnière.
Bonne nouvelle dans ce contexte plutôt sombre, les personnes vulnérables osent aller demander de l’aide.