Sages-femmes, la saga se poursuit dans la Baie-des-Chaleurs
Publié le 20 décembre 2017 à 12:26, modifié le 20 décembre 2017 à 16:46
Par: CIMTCHAU
Les services d’une sage-femme en Gaspésie sont loin d’être chose faite. Le collectif Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs croyait avoir gagné la bataille cet été alors que le CISSS annonçait des investissements en ce sens. Voilà que les candidates manquent à l’appel.
Marjorie Peyric a choisi la Gaspésie il y a trois ans pour y fonder une famille. Elle est enceinte de cinq mois.
« J’avais espoir que la sage-femme aurait été engagée d’ici à ce que j’accouche. Mais c’est sûr que plus le temps passe, moins j’ai d’espoir », dit la future maman.
Il y a en effet bien peu de chance que Mme Peyric puisse avoir l’assistance d’une sage-femme. L’emploi affiché depuis plus de 2 mois pour recruter la première sage-femme qui implantera le service en Gaspésie est restée lettre morte.
« On dit qu’on cherche la perle-rare, parce qu’on cherche une personne d’expérience pour implanter le service et on poursuit nos efforts en ce sens », assure Geneviève Cloutier, porte-parole pour le CISSS de la Gaspésie.
Après 10 ans de combat pour amener le service de sages-femmes dans la région, Accès Sages-femmes Baie-des-Chaleurs croyait avoir remporté la victoire quand Québec a confirmé l’été dernier un investissement de 240 000$ pour implanter le service. L’Organisme doit à nouveau retrousser ses manches.
« C’est un autre défi parmi tant d’autres mais on reste confiant qu’il va y avoir une sage-femme qui va appliquer sur le poste et décider de venir en Gaspésie », espère Marie-Josée Racine, porte-parole du Collectif Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs.
Le problème de recrutement n’est pas propre à la Gaspésie, mais à l’ensemble des régions du Québec. Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs et le Regroupement des sages-femmes du Québec croient qu’il faudra des mesures incitatives afin d’attirer les sages-femmes en région.
« Des primes à l’éloignement comme peuvent avoir d’autres professionnels de la santé. C’est sûr que ce serait un facteur d’attraction pour les régions », pense Mme Racine.
« Faut comprendre qu’on est un bassin de 200 sages-femmes actuellement au Québec. On est en négociation avec le ministère et c’est un enjeu très important de pouvoir avoir des primes pour les sages-femmes au même titre que les autres professionnels de la santé », ajoute Monia Amine, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec
« Le prochain, j’espère que je pourrai faire ça avec une sage-femme idéalement à la maison. Ça serait vraiment cool », souhaite la future maman.
Le pari n’est pas gagné mais jouable, puisque Québec s’est donné jusqu’à la fin 2019 pour offrir un service de sages-femmes dans l’ensemble des régions du Québec.