Défi 28 jours : les commerces ressentent déjà les effets
Publié le 28 septembre 2020 à 17:15, modifié le 29 septembre 2020 à 11:15
Par: CIMTCHAU
Devant la flambée des cas, le gouvernement demande de limiter les contacts sociaux pour les 28 prochains jours en restant à la maison. Et cette mesure a déjà des impacts sur les entreprises de nos régions.
Casser la vague. C’est le but du défi 28 jours lancé par Christian Dubé. Depuis quelques jours, l’effet se fait réellement sentir sur les commerçants. Marie-Reine Rioux de Chaussures Cendrillon à Rivière-du-Loup a noté la chute drastique.
« La semaine passée, quand ils ont annoncé aux gens de rester à la maison, on a vu une baisse. Ça fait 25 ans qu’on est ici et on n’a jamais vu ça. La rue Lafontaine était déserte samedi dernier. »
La baisse est particulièrement marquée pour le secteur de la restauration. Richard Fraser, propriétaire du Saint-Patrice de Rivière-du-Loup a enregistré plusieurs annulations de visiteurs de l’extérieur qui prévoyaient quelques jours de vacances au Bas-Saint-Laurent. « Ma clientèle est composée majoritairement de gens de Québec et Montréal. Or, beaucoup ont annulé dans les derniers jours. »
Au restaurant Le Loft de Rivière-du-Loup, le calendrier de réservation était plein chaque fin de semaine dans les derniers mois. La situation a changé depuis le milieu de la semaine dernière.
« On a senti une baisse d’achalandage quand même marquée au niveau du restaurant. On est à se questionner à savoir si on conserve nos heures d’ouverture actuelles. Les soirs de début de semaine. Les mardis est-ce qu’on garde ça ouvert. Est-ce qu’on ferme ça ? » Pier-Olivier Ruest, copropriétaire Le Loft et La P’tite Grenouille.
Si le milieu de la restauration est affecté, ce n’est rien à côté des bars qui eux, sont désertés. La P’tite Grenouille a rouvert ses portes jeudi après 14 jours de fermeture préventive. L’établissement avait été touché dans la foulée de l’éclosion à La Pocatière.
« On a rouvert le bar cette semaine, puis ça a été plutôt catastrophique. Côté achalandage pour le bar ça a été une fin de semaine comme nous n’avions pas vu depuis longtemps. »
Cette dure réalité qui frappe les commerçants survient après des mois qui laissaient entrevoir un peu d’espoir. La saison estivale a été exceptionnelle pour la plupart d’entre eux. Le réveil est brutal.
« Ça a été assez incroyable cet été. Sauf que là on retombe là-dedans encore. Les terrasses ferment, l’école recommence et les gens retournent au travail. Ça ne s’annonce pas vraiment mieux pour ce qui est des partys de Noël »
Le caractère et la ténacité des entrepreneurs seront mis à rude épreuve cet automne. Selon Pier-Olivier Ruest, certains restaurateurs des régions plus touchées ne se relèveront pas de cette deuxième vague.
« C’est tout le questionnement qui doit hanter la grande majorité des entrepreneurs présentement. À savoir est-ce que mon concept va fonctionner comme il fonctionnait avant ? »
Une bonne nouvelle dans les circonstances. La subvention salariale, qui couvre jusqu’à 75% de la rémunération des employés, a été prolongée jusqu’à l’été 2021.