Un médecin retraité veut être préposé aux bénéficiaires gratuitement
Publié le 16 avril 2020 à 18:10, modifié le 16 avril 2020 à 18:10
Par: CIMTCHAU
Michel Nadeau, un médecin de famille à la retraite, a entendu le cri du cœur de François Legault concernant le manque d’effectifs dans les CHSLD. Il veut reprendre du service, mais cette fois, comme préposé aux bénéficiaires.
Le citoyen de Saint-Hubert, qui a pratiqué à Rivière-du-Loup, souhaite s’impliquer sans être payé. Et ce n’est pas pour des consultations, mais bien pour les tâches de préposé comme distribuer les repas et donner les bains, par exemple.
« J’ai toujours admiré ces gens-là qui travaillent énormément. Ils ont un travail fou, il n’y en pas assez ça en prendrait trois fois plus. C’est sûr que je ne serai pas capable de tout faire, mais je vais faire une partie du travail certain. »
L’homme de 73 ans doute que le CISSS du Bas-Saint-Laurent lui donne le feu vert en raison de son âge. Il se dit en bonne santé physique et ne craint pas de retourner au cœur de l’action.
« Ça me fait peur, dans mon cas pour mes enfants et pour ma femme, mais pour moi, je n’ai pas peur »
Il veut du même coup redorer le blason de ses anciens collègues spécialistes qui font l’objet de critiques injustifiées selon lui.
« Ça me dérange qu’on ait enlevé tout élément de bonté tout élément de générosité pour dire qu’ils font ça pour l’argent. Je regrette, mais ce n’est pas ça ».
Ce geste a touché la présidente du syndicat des travailleurs de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Johanne Campagna.
« C’est tout en son honneur et il devrait y en avoir d’autres gens comme lui. »
La crise qui sévit dans les CHSLD ailleurs en province ne semble pas se produire ici au Bas-Saint-Laurent puisqu’aucun établissement n’est affecté par le virus. Il y avait tout de même une pénurie de main-d’œuvre avant la COVID-19. Elle s’est accentuée en raison des besoins grandissants et des tâches supplémentaires à effectuer.
« C’est surtout dans les CHSLD où il peut manquer souvent 3-4-5 quarts par chiffre et plus. Beaucoup de bénéficiaires sont confinés dans leur chambre et doivent manger dans leur chambre donc ça prend plus de personnel. Même chose pour l’entretien ménager qui eux, désinfectent et ont à couvrir un grand secteur »
Le CISSS du Bas-Saint-Laurent confirme que plusieurs médecins spécialistes se sont portés volontaires, mais que d’autres professionnels comme les enseignants en soins de santé seront appelés au front avant en cas de besoin.