La culture autochtone en déclin
Publié le 29 novembre 2018 à 15:52, modifié le 29 novembre 2018 à 16:19
Par: CIMTCHAU
La semaine dernière, le Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick a rendu public son 10e rapport annuel. Le document fait état de lacunes importantes en ce qui a trait à la préservation des cultures et des langues autochtones. La Première nation Malécite du Madawaska ne fait pas exception à cette problématique.
Très peu de personnes au Madawaska peuvent interpréter les chants ancestraux autochtones. Michel et Lyne Pelletier comptent parmi les derniers à les partager à des groupes d’élèves. «La langue est disparue ici, affirme Michel Pelletier, le traditionnel de la communauté. L’intérêt n’est pas là. L’intérêt n’est pas là pour jouer du tambour ou vraiment apprendre des traditions.»
Les personnes aptes à transmettre les enseignements sont vieillissantes et se font de moins en moins nombreuses. «C’est ça qui m’inquiète. Ce n’est pas que j’ai 56 ans. C’est qui qui va prendre la relève après que moi et Lyne on ne soit plus là? C’est ça que j’aimerais que quelqu’un prenne la relève», confie M. Pelletier.
Si leurs cliniques auprès des écoles ont du succès, elles sont moins populaires au sein de la communauté. Michel Pelletier a déjà songé à tout abandonner. «On dirait que mes ancêtres c’est ça qu’ils me crient, ne fait pas ça Michel. Ne te décourage pas, c’est décourageant. C’est décourageant. Ça fait plusieurs affaires qu’on fait et on dirait que ça ne veut pas pogner», raconte-t-il.
Malgré ce portrait peu reluisant, les derniers porteurs de la tradition malécite gardent espoir. «La partie où il y avait de la honte d’être autochtone a commencé à diminuer. On sent beaucoup plus de fierté», affirme sa conjointe Lyne Pelletier.
Pour les plus jeunes, le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les réserves permet d’inculquer des notions culturelles de base aux enfants à raison d’une fois par semaine.