Langues officielles : beaucoup à faire au Nouveau-Brunswick
Publié le 20 juin 2018 à 14:59, modifié le 20 juin 2018 à 14:59
Par: CIMTCHAU
Le Nouveau-Brunswick n’est pas sorti du bois en matière de langues officielles.
Le rapport annuel de la commissaire aux langues officielles de la province, présenté aujourd’hui, évoque un recul de la langue française au Nouveau-Brunswick. « On recule. On ne veut pas reculer, on veut avancer », exprime le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson.
Il faut un organisme responsable de faire appliquer la loi sur les langues officielles au Nouveau-Brunswick, dit la commissaire Katherine d’Entremont. Elle propose un secrétariat. C’est présentement le premier ministre qui fait respecter cette loi. « Le premier ministre, au Nouveau-Brunswick, n’est pas très bien appuyé concernant une capacité à l’interne, au gouvernement, pour le soutenir dans ses fonctions », affirme la commissaire aux langues officielles, Katherine d’Entremont.
La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick appuie cette recommandation à condition que ce secrétariat ait les ressources nécessaires pour faire appliquer la loi. « On remet toujours ces dossiers-là à plus tard. On se dit toujours que ce n’est pas important. Oui, c’est important parce que quand on ne les règle pas on diminue et on recule », indique Robert Melanson.
La place du français dans la fonction publique inquiète aussi la commissaire d’Entremont. « L’offre active verbale pour le service en personne dans les ministères se fait moins d’une fois sur cinq. Ce n’est pas très reluisant. Au Nouveau-Brunswick, l’offre active est une obligation en vertu de la loi », mentionne-t-elle.
« 40 % des francophones sont capables d’exercer leur langue dans la fonction publique. Pour les anglophones, c’est au-dessus de 90 %.Pour moi, c’est de l’inégalité. Nous sommes actuellement des citoyens de second rang », ajoute Robert Melanson.
Il est possible d’obtenir un service en anglais partout dans la province. Ce n’est pas le cas pour le français. « La langue anglaise n’est pas en jeu ici, il n’y a pas de problème. Tandis que la vitalité de la langue française continue à diminue », explique Katherine d’Entremont.
En 2019, ça fera 50 ans que le Nouveau-Brunswick est une province officiellement bilingue.