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Faire le plein se complique à Percé

Publié le 27 juillet 2026 à 16:30, modifié le 27 juillet 2026 à 17:17

Par: Pierre-Marie Nicolas

Faire le plein devient plus compliqué à Percé. La station-service de Barachois a fermé ses pompes la semaine dernière, mais reste ouverte pour écouler son magasin.

Le propriétaire, Luc Collin, prend sa retraite à 67 ans. Faute d’avoir trouvé un repreneur satisfaisant, il vise une fermeture complète du commerce dès la mi-septembre.

Une fois la station fermée pour de bon, ce sont près de 60 kilomètres qui sépareront les deux prochaines stations-service en activité, à Douglas Town et à Cap-d’Espoir. Un résident de Percé devra parcourir au minimum une trentaine de kilomètres pour faire le plein.

Les conséquences se font déjà sentir, en pleine période touristique. Plusieurs vacanciers se sont butés à des pompes fermées au cours des derniers jours. Luc Collin reconnaît avoir dû en dépanner certains lui-même.

La fermeture touche aussi les services d’urgence du secteur. Le maire de Percé, Daniel Leboeuf, explique que la caserne doit pouvoir s’approvisionner en tout temps, pour que les camions incendie soient prêts à partir sans délai. La Ville prévoit installer un réservoir spécial pour répondre à ce besoin.

Pour le maire, difficile toutefois d’attirer un investisseur privé dans cette filière : la marge sur le litre d’essence, de quelques sous seulement, ne suffit plus à intéresser les acheteurs potentiels.

Un modèle différent pourrait néanmoins s’imposer : la station autonome, déjà présente ailleurs en province. La Ville de Percé avait exploré cette option en 2021, avant que les pétrolières jugent le projet non viable.

« On va regarder ça. Si y a quelqu’un d’intéressé à exploiter ce type de station-service-là. Il y en a une couple sur la rive Nord en Gaspésie. Mais ce n’est pas demain la veille. », Daniel Leboeuf.

Du côté de la MRC du Rocher-Percé, on se dit prêt à accompagner quiconque voudrait se lancer, notamment pour monter un plan d’affaires ou faire une demande de financement.

Les défis restent multiples pour la MRC : une population vieillissante, des propriétaires souvent proches de la retraite, et une relève difficile à trouver. La MRC dit travailler sur plusieurs fronts pour attirer de nouveaux talents dans la région, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, tout en cherchant à conserver les services déjà en place.