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Commerce interprovincial : la vente d’alcool permise entre 8 provinces

Publié le 22 juillet 2026 à 16:30, modifié le 22 juillet 2026 à 17:25

Par: Henri Paquette

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a signé une entente avec d’autres premiers ministres provinciaux, mardi, à Charlottetown. Elle vise à lever les barrières interprovinciales sur la vente directe d’alcool. Il faut dire que le Nouveau-Brunswick s’était démarqué l’année dernière en étant la première province à lever ces barrières. On le rappelle : avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche il y a un peu plus d’un an, la diversification des marchés pour les producteurs locaux canadiens devenait une réelle question. Le Nouveau-Brunswick a été un leader sur cette question.

Le Nouveau-Brunswick a joué un grand rôle dans l’entente conclue mardi avec 7 autres provinces. La vente directe d’alcool aux consommateurs d’ailleurs au pays est permise depuis environ un an au Nouveau-Brunswick. Les chiffres parlent d’eux-mêmes selon la première ministre.

« Et on voit que ça fonctionne : les Néo-Brunswickois ont acheté local d’une façon qui a augmenté de 25%, puis ils ont acheté national – acheter les produits du Canada – avec une augmentation de 10% durant le dernier mois. » – Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick

Après le Nouveau-Brunswick, la Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Alberta, la Saskatchewan, l’Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont convenu de retirer cette barrière commerciale. Le Québec et le Yukon prévoient signer l’entente bientôt.

« Le Québec a son travail à faire avec leur projet de loi qui doit passer par l’Assemblée législative. Alors, ils ont signé, ils ont l’entente pour participer, mais il y a une loi qui doit être changée. » – Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick

L’annonce réjouit les producteurs locaux d’alcool.

« Ça fait du bien de voir nos premiers ministres travailler ensemble et abattre des barrières commerciales à l’intérieur de notre propre pays. C’est pour moi du bon sens. On attendait ça depuis très longtemps. » – Sébastien Roy, président directeur à la distillerie Fils du Roy, à Petit-Paquetville.

Parce qu’en effet, cette annonce rime avec un marché qui s’agrandira comme jamais pour les producteurs.

« On a accès à une population peut-être de 35 à 40 millions. […] Ça a une grosse importance. » – Guy Paillard, PDG de la Coopérative forestière du Nord-Ouest et responsable de la division NOASKA.

« Pour une petite distillerie artisanale comme la nôtre, c’est un accès précieux à un marché que je vais dire qui est niche. C’est une belle opportunité. Il y a des passionnés à travers le pays : peut-être qui vont s’approvisionner de produits canadiens… » – Sébastien Roy, président directeur à la distillerie Fils du Roy

Les deux producteurs saluent l’annonce, mais des défis demeurent, notamment le rôle accru des monopoles provinciaux dans le marché.

« Aussitôt nous qu’on pourra rentrer dans les tablettes de commerce au Québec et en Ontario et ailleurs, c’est là que nos produits vont pouvoir se vendre parce que les gens nous demandent : est-ce que vous êtes présent dans nos provinces? Non, on n’est pas présent. » – Guy Paillard, PDG de la Coopérative forestière du Nord-Ouest et responsable de la division NOASKA.

« Si ce client-là ne veut pas tes produits, tu n’es pas dans cette province-là. C’est aussi simple que ça. […] Les monopoles canadiens sont très orientés sur les importations : les vins italiens, les vins français. » – Sébastien Roy, président directeur à la distillerie Fils du Roy

Le producteur de spiritueux de Petit-Paquetville souligne aussi qu’une baisse de la taxe d’accise, pour les petits producteurs locaux, serait une mesure concrète pour les aider davantage.