Caribous en Gaspésie : 5 faons de plus pour la population
Publié le 22 juillet 2026 à 16:30, modifié le 22 juillet 2026 à 16:30
Par: Maely Bouchard
Chez les caribous, la période de mise bas est maintenant terminée en Gaspésie. Cinq faons s’ajoutent à la population en captivité.
Fin de la saison des naissances du caribou en Gaspésie. Consensus : les données démontrent encore la fragilité du cheptel. « Est-ce que c’est suffisant pour sauver le caribou de la Gaspésie? Ben on n’est pas encore là », soulève le professeur en écologie animale à l’UQAR, Martin Hugues St-Laurent.
Parmi les femelles gestantes, cinq ont donné vie à des faons en santé. Toutefois, 2 femelles reproductrices et leurs bébés sont décédés. « D’avoir des mortalités néonatales ou des mortalités en couche, c’est quelque chose qui est commun malheureusement. Peut-être que le veau s’est présenté de façon incorrecte, peut-être dans le bassin de la femelle…peut-être qu’il y a eu une hémorragie, peut-être qu’il y a une infection aussi », explique le professeur.
L’une d’elles était enceinte de jumeaux, une condition très rare chez les caribous. « On voit pas ça des jumeaux, donc habituellement une femelle caribou va donner un jeune par année, même si on la nourrit à satiété. Parfois elles vont même sauter l’année de reproduction si elles ne sont pas suffisamment en bonne condition physique », précise monsieur St-Laurent.
En période de mise bas, la captivité optimise la qualité de vie des caribous. « On peut voir ça un peu comme un respirateur artificiel, donc ça permet de maximiser la survie des jeunes caribous et des femelles en fin de gestation alors qu’en nature, ça pourrait être plus difficile, principalement à cause de l’accès à la nourriture et la quantité de prédateurs », raconte le professeur.
La captivité a toutefois ses limites. Les caribous doivent éventuellement quitter leur enclos. Ils se retrouvent devant une prédation massive en Gaspésie. « La péninsule gaspésienne a été tellement rajeunie, et est tellement favorable aux coyotes et à l’ours que les densités sont élevées. Puis on a ce qu’on appelle la prédation par débordement », précise monsieur St-Laurent.
Qui dit rajeunissement des forêts, dit moins de végétation. Les caribous deviennent plus visibles, et par conséquent des proies plus faciles. Pour régler le problème, il faudra s’attaquer à bien plus selon le professeur en écologie animale. « Une chose est sûre, c’est qu’on ne réussira pas notre mission de rétablir les caribous de la Gaspésie, si on passe pas à travers une diminution de la coupe forestière, une fermeture de chemins et de la revégétalisation », selon Martin Hugues St-Laurent.
La population de caribous en captivité s’élève maintenant à 20 en Gaspésie. Quelques 7 bêtes ont été remises en liberté en juin dernier pour s’ajouter aux 14 caribous montagnards déjà à l’état sauvage.