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Logements abordables : des sixplex pour la Gaspésie

Publié le 20 juillet 2026 à 16:34, modifié le 20 juillet 2026 à 18:41

Par: Pierre-Marie Nicolas

Environ 400 nouveaux logements abordables verront le jour d’ici 2027 en Est-du-Québec. Huit municipalités gaspésiennes sont visées par le projet, porté par la Société de développement de l’Est (SDE), dont Paspébiac, Grande-Rivière, Murdochville, Carleton-sur-Mer, New Carlisle et Pointe-à-la-Croix. Paspébiac et Grande-Rivière recevraient chacune 24 unités, et Pointe-à-la-Croix, 56.

Dans plusieurs des municipalités visées, le taux d’inoccupation frôle le 0 %. Une situation qui touche autant les résidents que les employeurs, incapables de loger leurs travailleurs.

Pour répondre à l’urgence, la SDE mise sur la préfabrication. La majeure partie des travaux est réalisée en usine plutôt que sur le chantier.

« Quand qu’on fait de la préfabrication, on peut utiliser la période creuse de l’hiver. Ça amène aussi beaucoup plus de prévisibilité. 75 % des travaux sont faits en usine. »,  Philippe Dufort, président et directeur général, Société de développement de l’Est

Le projet comprend deux catégories de logements. Un peu moins de la moitié des unités seront des logements dits « intérimaires » : leur loyer est plus élevé, mais ils demeurent hors marché, avec la promesse de devenir pleinement abordables dans 10 à 15 ans.

Le modèle a aussi changé dans l’apparence.

« On va chercher une optimisation. Une beauté pour la Gaspésie, finie en bois, isolée en chanvre, avec des beaux toits de tôle à double pente. Donc on est loin de la boîte à souliers HLM qu’on a vu dans les années 70. », Philippe Dufort

Ce virage esthétique a un coût au départ. Le bois, la tôle, l’isolation en chanvre : rien n’a été choisi seulement pour l’apparence.

« La durabilité des bâtiments est extrêmement importante. Par exemple la tôle, ça coûte beaucoup plus cher à l’année. La plupart des bâtisseurs ou des gens qui revendent le bâtiment vont préférer le modèle d’asphalte. Mais sur une durée de 40 ans, c’est beaucoup moins cher. »,  Philippe Dufort

À Grande-Rivière, préparer le terrain pour ce projet a aussi voulu dire investir.

« De notre côté, notre engagement financier à la ville, c’était entre autres de préparer les terrains, de faire les tests de sol, et d’apporter les deux services, égouts et aqueduc. », Denis Beaudin, maire remplaçant, Grande-Rivière

Paspébiac fait aussi partie du projet. Mais pour une municipalité, accueillir du logement abordable vient avec des compromis.

« Les logements privés apportent des revenus de taxes, tandis que les projets de logement abordables, on doit trouver des crédits de taxe, on doit octroyer certaines contributions financières, donner des terrains et tout ça. Même si ça engendre un peu de coûts pour la municipalité, ça vaut la peine d’avoir ces projets-là de logement abordable. »,  Jeremy Laplante, maire de Paspébiac

Pour le maire, l’enjeu dépasse la colonne des chiffres.

« En Gaspésie, comme par ailleurs au Québec, la solution passe vraiment par le non lucratif en immobilier, et donc finalement de reconnaître que c’est un droit humain, celui de se loger. », Jeremy Laplante

La livraison des logements est prévue d’ici 2027.