Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine convoitent la statue de Champlain
Publié le 17 juillet 2026 à 16:40, modifié le 17 juillet 2026 à 16:40
Le sort de la statue de Samuel de Champlain, déboulonnée de son socle à Orillia, en Ontario, est toujours incertain. Plusieurs municipalités du Québec ont levé la main pour la récupérer, dont Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Mais aucune des deux ne peut en assumer seule les coûts.
Le maire de Tadoussac verrait bien la statue controversée du Père de la Nouvelle-France trôner sur la halte routière ou à la Pointe-Rouge. « Champlain est passé par Tadoussac en premier en 1603. Alors son quartier général, avant qu’il aille à Québec en 1608, c’était Tadoussac », rappelle Claude Brassard.
La municipalité voisine, Baie-Sainte-Catherine, abrite la Pointe-aux-Alouettes, site de la Grande Alliance entre Champlain et les Premières Nations. Elle désire aussi la statue et a envoyé un avis d’intention à la ville d’Orillia. « (Il a) signé la Grande Alliance en 1603. Il a toujours bien passé à Baie-Sainte-Catherine, plus qu’ailleurs », clame le maire de l’endroit, Donald Kenny.
Mais pour les deux municipalités, déplacer et installer un monument ne peut pas se faire sans aide gouvernementale. « Si personne ne veut l’avoir la statue, on est prêt à la prendre. Si, bien entendu, on a le financement qui vient avec », précise le maire de Tadoussac.
Son homologue de Baie-Sainte-Catherine voit déjà venir les frais associés à une telle démarche. « On sait très bien qu’à partir de là-bas sur un camion, s’en venir à Baie-Sainte-Catherine… ça prend une base de béton, ça prend du boulonnage pour qu’elle se tienne, ça prend peut-être un petit peu de réparation », énumère-t-il.
Si la Ville d’Orillia confirme qu’elle ne veut plus du monument, le député de Montmorency-Charlevoix est prêt à soutenir la petite municipalité. « Ça serait une grande fierté d’installer une statue de Champlain à Pointe-aux-Alouettes et de rappeler cette grande alliance-là. Les premières Nations incluses dans tout ça, il y a des frais et tout ça, puis on va le travailler, puis je vais faire les représentations nécessaires », assure Gabriel Hardy.
Et même si la statue reste en Ontario, il n’est pas exclu que Charlevoix en ait une. « Aujourd’hui on soulève la main pour dire que Baie-Sainte-Catherine mérite cette statue-là. Ben elle en mérite peut-être une de toute façon. Pourquoi on n’est pas juste en train d’ouvrir la porte à dire : si ce n’est pas celle-là, est-ce qu’on peut marquer notre histoire justement et la grande alliance comme on le voit à Pointe-aux-Alouettes? », lance le député.
Quant au sort de la statue à Orillia, décriée pour son caractère colonialiste, il sera sûrement un enjeu central des élections municipales de l’automne.