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Diocèse de Gaspé: 63 victimes alléguées

Publié le 6 juillet 2026 à 16:27, modifié le 6 juillet 2026 à 16:27

Par: Leo Hudon

L’action collective intentée contre le diocèse de Gaspé pour les victimes d’agressions sexuelles ne cesse de grandir. Le nombre de victimes alléguées annoncé en décembre dernier a doublé jusqu’à présent.

 

Soixante-trois personnes sont maintenant inscrites. En décembre 2025, elles étaient 31.

« J’espère qu’on va se rendre jusqu’à 90, 100, parce que plus y a de monde, évidemment, plus on règle de choses, plus on favorise l’accès aux tribunaux, plus on a une reconnaissance, parce que, éventuellement, il y a des sommes d’argent qui sont payées pour ça, et plus il y a une libération de la part de la victime, parce que la reconnaissance par un jugement ou un règlement, c’est important dans l’évolution de l’individu », affirme l’avocat, Marc Bellemare.

L’ancien ministre de la Justice du Québec avoue qu’il n’est pas toujours facile de repérer les victimes et de les convaincre de se joindre à la cause.

« Ça prend du temps. Il y a certaines études américaines qui ont démontré que chez les hommes, surtout, ça prenait 40 à 50 ans avant que la personne le dise. Faut comprendre que ça s’est passé à une époque où les jeunes, les enfants, étaient sûrs de ne pas être crus. Dénoncer un curé, dénoncer un prêtre, ça prenait toute une audace », explique-t-il.

Malgré tout, Marc Bellemare est confiant que les victimes pourront trouver une entente avec le diocèse de Gaspé.

« C’est sûr que s’il n’y a pas d’entente puis que ça doit aller devant le tribunal, c’est un petit peu plus long à ce moment-là. Un règlement, ça peut arriver n’importe quand. Mais nous, on estime que là, il y a de bonnes discussions. On s’attend peut-être à ce que, d’ici un an, on puisse aboutir avec ça, mais évidemment, une entente est impossible par définition. Ça prend non seulement le groupe de victimes, mais aussi le diocèse qui doit être d’accord », soutient-il.

Une compensation financière serait aussi prévue.

« Une entente, ça évite évidemment un procès éventuel, des procédures de plus, des délais. Oui, c’est préférable, en autant que l’entente soit satisfaisante. On ne signe pas n’importe quoi, on veut avoir un règlement qui va être à la hauteur », ajoute Marc Bellemare.

L’avocat n’écarte pas non plus la possibilité d’un aveu de culpabilité.

« Il y a moyen aussi, dans le cadre des négociations, d’obtenir une lettre d’excuses ou un document qui est un peu plus explicite sur les regrets qu’ont les autorités cléricales, par rapport aux gestes de pédophilie qui ont pu se produire sur leur territoire au cours des 100 dernières années. »

Maître Bellemare conclut en précisant que, dans les cas similaires qui se sont produits par le passé, les sommes varient entre 50 000 $ et 250 000 $ pour chaque victime.