Demande de mise sous tutelle du Festival Les Percéides
Publié le 30 juin 2026 à 15:36, modifié le 30 juin 2026 à 16:00
Par: Élyse Riverin
Quatre personnes impliquées dans l’organisation du Festival international de cinéma et d’art Les Percéides font une demande de mise sous tutelle de l’organisme pour encadrer sa gestion.
Les signataires demandent de mettre sur la glace les 2 millions de dollars accordés par le ministère du Logement et de l’Infrastructure pour rénover la grange utilisée par l’organisme. La mise sous tutelle permettrait de clarifier la gouvernance. Le président du conseil d’administration, Benoît S. Pilon, est devenu le directeur général par intérim du festival à la suite de la suspension du fondateur, François Cormier. Une enquête interne avait été lancée après une plainte d’un des membres de l’organisation. Les conclusions n’ont pas été rendues publiques. M. Cormier est parti en février 2026.
« Je pense qu’il s’est fait montrer la porte et on lui a un peu tordu le bras pour qu’il s’en aille! », exprime Judith Bélanger, membre du Comité stratégique du développement du Centre d’art de Percé
« Il a été suspendu, puisque on l’a accusé de quelque chose dont il était pas responsable! », indique Esther Bourdages, ancienne collaboratrice à La Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie.
Depuis, il y a 3 membres, sur une possibilité de 5, au conseil d’administration. C’est M. Pilon qui gère Le Festival et La Grande rencontre des arts médiatiques… une trop grande tâche pour une seule personne, particulièrement avec la subvention, toujours d’après les signataires.
« Une personne ne peut pas prendre le contrôle de deux festivals. C’est un organisme à but non lucratif, c’est pas une business privée! », s’indigne Mme Bourdages.
« Il y a deux autres membres qui sont inactifs et ce n’est pas suffisant pour réaliser tous ces projets-là », explique Mme Bélanger.
Ces 4 femmes avancent une mise à l’écart des femmes au sein de l’organisation.
« M. Benoit S. Pilon a fait le vide autour de lui. Il a montré la porte à pleins de collaborateurs, spécialement des femmes. […] En tant qu’ancien avocat, il a tous les moyens techniques quand il veut mettre des gens à la porte. », dénonce Mme Bélanger.
De son côté, M. Pilon croit que la demande est organisée et soutenue par le fondateur M. Cormier. Il dit que la mise sous tutelle ne devrait pas avoir lieu et est mal intentionnée. Dans sa démarche et sa restructuration de l’organisation, M. Pilon a l’appui du maire de Percé, du préfet de la MRC du Rocher-Percé et du Bureau du cinéma et de la télévision de la Gaspésie. Le ministère du Logement et de l’Infrastructure n’a pas encore versé le montant de 2 millions de dollars. Le ministère soutient de son côté qu’il ne joue pas de rôle dans la gestion des projets financiers.