Entrevue avec Catherine Blouin : Bilan de mandat
Publié le 23 juin 2026 à 16:47, modifié le 23 juin 2026 à 16:47
Par: Élyse Riverin
La ministre Catherine Blouin tire des conclusions à l’approche des élections provinciales qui auront lieu à l’automne. Notre journaliste Élyse Riverin s’est entretenue avec elle.
* À des fins de clarté, l’entrevue a été ajustée.
Élyse Riverin : Madame la ministre, il y a environ 360 enfants qui sont en attente de place en garderie en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Malgré les places que vous avez ajoutées, la liste demeure assez stable. Pourquoi? Qu’est-ce que vous pouvez faire?
Catherine Blouin : Il faut dire qu’il y a aussi un peu moins de 300 places qui sont actuellement en réalisation. Et qu’est-ce qu’on fait ? On innove en fait. On a réalisé plus de 37 000 places dans les 5 dernières années. Ça prend normalement environ 13 ans pour réaliser autant de places. Il y a aussi 10 600 places qui sont en réalisation partout au Québec. On dit : « bon ça ne va pas assez vite ». Alors, on met d’autres solutions en place, par exemple le préfabriqué qui permet d’arriver plus rapidement à livrer les places. Ça va être le cas du côté du CPE de Bonaventure. Les modules devraient être livrés en septembre si tout va bien. Un 100 places qui sera libéré à cet endroit-là. Il faut dire que le travail se fait même si on a des enfants qui sont en attente sur les listes. Je le sais à quel point c’est difficile pour les parents. On a besoin de savoir que notre enfant va avoir une place, qu’il sera en sécurité également. Donc, je comprends l’anxiété que ça peut causer. Toutefois, il faut dire qu’on a quand même un 70 places du côté de Chandler qui a été livré. Il y a des soucis de main-d’œuvre, alors on est actuellement à travailler pour s’assurer d’avoir le bon nombre d’éducatrices. J’ai aussi permis d’adopter une loi, à la toute fin de cette législature, qui vient pérenniser le projet pilote en communauté, qui permet à deux responsables de services de garde en communauté de s’installer dans un local ensemble via l’entremise d’un partenaire, que ce soit un organisme, une municipalité. Ça permet d’avoir 12 places. C’est vraiment dans des régions comme la nôtre, un peu plus éloigné, que c’est plus difficile d’avoir des grandes installations avec plusieurs places. Avoir des plus petites installations, c’est moins retable et c’est un peu plus lent à réaliser. Je comprends que ça peut être anxiogène de ne pas avoir de places, mais je veux rassurer tout de suite les parents de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, il y a du travail qui se fait autant pour recruter de la main d’œuvre, élaborer des places, trouver des solutions pour livrer plus rapidement que ce soit par les projets pilotes en communauté ou encore le préfabriqué. Quand on a un obstacle, on essaie de trouver une solution, c’est comme ça qu’on fonctionne depuis les dernières années.
É.R. : J’imagine que ces 360 enfants devraient, théoriquement d’ici 2027, avoir leur espace.
C.B. : En fait, selon le modèle d’estimation qui est utilisé par le ministère de la Famille, on prévoit un équilibre en Gaspésie en 2028. Donc, il y aurait de la place pour tout le monde, peut-être même un léger surplus.
É.R.: Côté carte électoral, la Gaspésie a gagné sa bataille pour garder en fait sa représentation à l’Assemblée nationale. Il y a quand même un commissaire indépendant la semaine dernière qui a démissionné en disant que la carte électorale était dictée par les élus et qu’il y avait un risque de dérive démocratique. Est-ce que c’est normal que les élus changent eux-mêmes la carte électorale et qui la dicte?
C.B.: Concernant la carte électorale, je dirais : « Enfin après 3 ans d’efforts acharné à porter la voix des gaspésiens, je suis tellement contente qu’on est gagné cette bataille-là ». Vous ne pouvez pas vous imaginer tous les efforts qu’on a fait dans les 3 dernières années. Si je peux rassurer les gens, il s’agit d’une carte électorale qui a été entièrement faite par le directeur général des élections, c’est-à-dire qu’on prend 115 comtés de 2026 qui ont été élaborés par la commission et on ajoute 12 comtés de 2022 qui ont aussi tous été délimités par la commission de représentation électorale. Alors, il n’y a pas de jeu des élus qui sont allés jouer dans quelques comtés que ce soit. On n’a pas du tout délimité des comtés. On s’est simplement assuré d’avoir une représentation électorale qui est adéquate, notamment pour une région comme la nôtre en Gaspésie, parce qu’après, si on enlève un comté en Gaspésie, quel sera la prochaine région ciblée ? Est-ce qu’on va finir par avoir seulement des députés autour de Montréal ? Non, il fallait arrêter l’hémorragie. Je suis vraiment très fière qu’on ait gagné cette bataille-là.
É.R. : Merci madame la ministre.
C.B.: Merci à vous.