Le développement de son érablière bloqué
Publié le 3 juin 2026 à 16:48, modifié le 3 juin 2026 à 16:49
Par: Catherine Pellerin
Le conflit est loin d’être réglé concernant le partage des terres publiques au Bas-Saint-Laurent. D’un côté, l’industrie forestière s’inquiète de l’approvisionnement de plusieurs usines. De l’autre, des acériculteurs sont aussi plongés dans l’incertitude.
À Saint-Mathieu-de-Rioux, David Therriault en est un exemple concret. Copropriétaire de l’Érablière Therriault, il a lancé son entreprise en 2022 avec un investissement de 1,5 million de dollars. Son érablière est entièrement située sur des terres publiques.
Avec deux employés à temps partiel, David Therriault exploite actuellement près de 21 000 entailles réparties sur 89 hectares.
« C’est un gros nuage au-dessus de notre tête. On sent qu’il y a de l’instabilité. On ne comprend pas pourquoi alors que notre industrie va très bien », affirme l’entrepreneur de 33 ans.
Selon lui, plusieurs secteurs adjacents à son érablière pourraient être exploités. Il souligne que la région regorge d’érables à sucre matures, propices au développement acéricole.
« Il y a de l’érable à profusion ici à Saint-Mathieu-de-Rioux. Ce sont des forêts anciennes d’érables à sucre qui sont prêtes à être exploitées », explique-t-il.
Des projets d’expansion mis sur pause
L’objectif de David Therriault souhaiterait éventuellement presque doubler sa production de sirop d’érable.
« L’objectif, ce serait aux alentours de 30 000 entailles sur 125 hectares, ce qui rendait mon entreprise viable. J’aurais davantage de flexibilité pour conserver des employés à temps plein », précise-t-il.
Il doit toutefois présentement mettre sur pause ses rêves d’agrandir son érablière.
« Nous avons le pied sur le frein. On arrête de se développer et de penser au futur. On se dit qu’on va garder ce qu’on a, et ça s’arrête là », déplore-t-il.
Une impasse entre l’industrie forestière et l’acériculture
Par courriel, le cabinet de la ministre des Ressources naturelles et des Forêts affirme soutenir le développement de l’industrie acéricole, tout en rappelant l’importance d’une gestion équitable du territoire entre les différents utilisateurs.
Une réponse qui laisse toutefois plusieurs producteurs insatisfaits.
« C’est extrêmement décevant. On sent qu’il n’y a pas de volonté d’aider la relève et les entrepreneurs comme moi qui veulent poursuivre leur expansion », soutient David Therriault.
Pendant ce temps, les discussions entre les représentants de l’industrie forestière et ceux du secteur acéricole semblent au point mort. Le président des Producteurs et productrices acéricoles du Bas-Saint-Laurent, Justin Plourde, affirme que les négociations stagnent et que la grogne s’intensifie.