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Forêt privée: les producteurs interpellent les partis politiques

Publié le 27 mai 2026 à 17:17, modifié le 27 mai 2026 à 17:17

Par: Jasmin Guillemette

Les producteurs de bois en forêt privée en ont assez. Ils s’indignent, encore une fois, face à la mise en marché du bois des forêts publiques, qui est vendu à des prix dérisoires, selon eux. Ils ont interpellé aujourd’hui les partis politiques.

 

L’Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fédération des producteurs forestiers (FPFQ) du Québec lancent un autre message clair au gouvernement provincial. Ils dénoncent une concurrence dite déloyale de la mise en marché du bois provenant de forêts appartenant au gouvernement, qui est acheminé vers les industries de transformation. « En soutenant davantage la forêt publique, ça prive des revenus au niveau de la forêt privée », lance Martin Caron, président général de l’UPA.

Les producteurs privés peinent à suivre le rythme. Ils ont l’impression de payer pour travailler. Le bois issu de la forêt publique est vendu une trentaine de dollars le mètre cube de moins. Ils veulent les ressources privées soient priorisées, avant celles du public, « Avec les augmentations de nos dépenses, et de nos coûts, de façon net, il nous en reste plus », déplore Pierre Lemieux, un producteur forestier de Cap-Saint-Ignace et président de la FPFQ de la Côte-du-Sud.

La goutte qui fait déborder le vase : le projet de loi 11, qui prévoit de modifier les règles d’attribution du prix du bois de la forêt publique. Les producteurs privés croient que le bois public sera artificiellement moins cher et que les conditions de mise en marché seront tirées vers le bas. Ils veulent que le gouvernement vende son bois et ne le donne pas.

« À peine je suis capable de payer mes coûts de bûchage. Je n’ai plus aucune rentabilité sur ma forêt. Ça m’a donné quoi d’investir pour avoir des boisés ? Ça a donné quoi à mon père et mon grand-père d’acheter des boisés pour transmettre de génération en génération? », se questionne M. Lemieux.

L’Union des producteurs agricoles et la Fédération des producteurs forestiers du Québec enverront un questionnaire au parti politique en vue de la prochaine campagne électorale. Ils feront part de la situation actuelle pour aussi connaître leurs engagements. « On veut qu’il réalise l’impact et le préjudice qu’occasionne au niveau de la forêt privée »

Les deux organisations veulent en faire un enjeu incontournable au scrutin de l’automne prochain.