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23 mois de prison pour avoir obtenu des services sexuels d’une mineure

Publié le 1 mai 2026 à 12:25, modifié le 1 mai 2026 à 12:28

Par: Patrick Giguère

Kevin Plante, âgé de 44 ans, a été condamné à 23 mois d’emprisonnement pour avoir payé une adolescente en échange de contacts sexuels lors d’un événement survenu en septembre 2021.

La peine a été prononcée vendredi au palais de justice de Percé.

Le quadragénaire faisait face à un chef d’agression sexuelle ainsi qu’à une infraction liée à l’obtention de services sexuels auprès d’une personne mineure.

Avant le prononcé de la sentence, l’accusé a exprimé l’espoir que la victime puisse un jour lui pardonner. Il a affirmé ne pas représenter un danger pour la société et a indiqué qu’après 22 ans de consommation, il avait réussi à entreprendre une démarche de réhabilitation grâce à des thérapies.

Selon la preuve présentée au tribunal, la victime avait fait la connaissance de Josianne Dufresne quelques mois avant les événements.

Les deux femmes se fréquentaient et consommaient de la drogue.

Un jour de septembre 2021, Josianne Dufresne, qui exerçait le métier d’escorte, a demandé à l’adolescente si elle acceptait de l’accompagner chez un client, en l’occurrence Kevin Plante.

La victime a accepté à la condition de ne pas se déshabiller, selon le récit des faits lu en salle de cour.

Les trois personnes se sont retrouvées dans un garage où elles ont consommé de l’alcool et de la drogue avant les actes sexuels.

Au moment de quitter les lieux, l’accusé a remis la somme de 120 $ à la victime, en billets de vingt dollars.

Lors du procès, la victime a décrit l’événement comme une source de honte, de remords et de cauchemars, précisant que sa situation personnelle s’était détériorée, notamment sur le plan scolaire, et que sa consommation de drogue avait augmenté.

Elle affirme toutefois s’être depuis reprise en main.

Les rapports présentés au tribunal évaluent le risque de récidive comme étant modéré.

Le tribunal a souligné les efforts de réhabilitation de l’accusé, sa participation aux thérapies, son expression de regrets, ainsi que son intention de poursuivre un suivi et de retourner aux études en travail social.

La poursuite réclamait une peine de quatre ans d’emprisonnement, tandis que la défense suggérait une peine de 90 jours ou une sanction à purger dans la collectivité.

Dans sa décision, le juge Richard Côté a toutefois insisté sur la gravité de l’infraction, le degré de participation de l’accusé et les conséquences psychologiques importantes pour la victime.

« Le tribunal conclut qu’une peine d’emprisonnement dans la collectivité n’est pas appropriée en raison du besoin pressant de dénonciation. L’incarcération, dans les circonstances, est la seule peine qui convienne pour exprimer la réprobation de la société à l’égard de l’accusé » a fait savoir le juge Richard Côté.

Kevin Plante devra également fournir un échantillon d’ADN, sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans et devra respecter une probation de 24 mois à sa libération, incluant notamment l’interdiction de communiquer avec la victime.

« On est fier du parcours de la victime. C’est un long parcours, un procès de plusieurs jours, elle a témoigné, on s’est rendu à la sentence. Sans elle, on n’aurait jamais pu, évidemment, faire une preuve hors de tout doute. On est vraiment fiers de la plaignante. Évidemment, la sentence qui a été rendue par le juge Côté n’est pas ce que la poursuite avait demandé. C’est une sentence qu’on respecte. On va analyser la sentence dans les prochains jours, à tête reposée », a déclaré le procureur au dossier, Me Maxime Rocheville-Paradis.
Le tribunal ne s’est pas prononcé sur la constitutionnalité de certaines dispositions de la loi.

Josianne Dufresne avait écopé d’une peine de 30 mois d’emprisonnement dans cette affaire de proxénétisme en décembre 2023.