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Fonction publique: la Gaspésie est l’une des régions les plus touchées par les coupes de postes, selon le syndicat 

Publié le 30 avril 2026 à 11:52, modifié le 30 avril 2026 à 16:17

Par: Patrick Giguère

La Gaspésie fait partie des régions les plus touchées par les compressions dans la fonction publique provinciale. Selon le syndicat qui représente ces travailleurs, 57 postes ont été abolis en un peu plus d’un an dans la région.

Selon le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, 130 postes à la fonction publique ont été retranchés en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent, sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine entre septembre 2024 et mars dernier.

Les postes contractuels et temporaires seraient les plus touchés.

On parle de différents ministères, notamment ceux de l’Environnement, de la Faune, des Transports, de la Sécurité publique, ainsi que dans certains palais de justice.

Le syndicat dénonce ce qu’il considère comme un désengagement de l’État au détriment des régions.

Il souligne aussi que certains emplois, comme ceux liés à l’ancien centre d’appel de la SAAQ à Murdochville, sont affichés en région, mais ne sont pas nécessairement occupés par des travailleurs sur place.

« Qu’est-ce que ça fait, en fait? Ça vient gonfler les chiffres des gens qui travaillent en Gaspésie, mais dans les faits, ce ne sont pas des personnes qui sont là physiquement. On ne contribue donc pas à l’apport économique des villes et des villages de la Gaspésie », indique Nicolas Gauthier, le président régional de l’Est-du-Québec.

« Il y a aussi la réalité que les gens doivent parcourir énormément de kilomètres pour se rendre aux bureaux de services, notamment à la SAAQ. Certains bureaux ferment en période hivernale, parce que c’est une saison dite moins achalandée. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une réduction de services pour les citoyens », ajoute-t-il.

La cible de 5000 emplois dépassée 

En 2018, le Plan gouvernemental de régionalisation de 5 000 emplois de l’administration publique avait été annoncé.

Ce projet visait à renforcer l’occupation du territoire et la vitalité économique des régions, avec l’objectif de régionaliser 5 000 postes d’ici le 30 septembre 2028.

Or, selon la plus récente mise à jour, en date du 23 avril 2025, les résultats de la reddition de comptes au 30 septembre 2024 indiquent que 5 489 emplois avaient déjà été régionalisés, soit 109,8 % de la cible fixée pour 2028.

Selon M. Gauthier, ces chiffres s’expliqueraient par des postes comblés à l’extérieur des régions.

Le député de Matane-Matapédia abonde dans le même sens.

« Qui sont-ils? Où sont-ils? Je n’en connais aucun. Quelles sont les personnes qui ont vendu leur maison à Québec pour venir s’installer en Gaspésie ou aux Îles? Si vous en connaissez, il faut les identifier », se questionne Pascal Bérubé.

« À chaque fois que je pose la question depuis quelques années, on ne veut rien nous dire », ajoute-t-il.

« Le poids politique est important à maintenir pour garantir ces services-là et s’assurer que notre région ne soit pas laissée pour compte, malgré son éloignement géographique. »

Pour Valentine Palma, il faut constamment défendre le maintien des services en région en raison de l’éloignement.

« C’est sûr que, régionalement, on a toujours cet exercice-là de démontrer l’importance de maintenir les services sur place. Je pense que c’est notre rôle, comme organisme ayant un grand rayonnement dans la Baie-des-Chaleurs et en Gaspésie, de rappeler l’importance de ces services pour nous, les citoyens », relate la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de la Baie-des-Chaleurs.

Nicolas Gauthier laisse maintenant l’opportunité aux nouveaux dirigeants de changer la donne.

« Demain, on fête la fête des travailleurs. C’est certain qu’avec la nouvelle administration de la CAQ, on espère une écoute plus active. »

Questionné à ce sujet, le Secrétariat du Conseil du Trésor n’avait pas répondu à nos questions jeudi en fin de journée.