Bail de 99 ans: Québec évalue la reprise de la gestion du parc national Forillon
Publié le 28 avril 2026 à 11:24, modifié le 29 avril 2026 à 17:12
Par: Patrick Giguère
Le gouvernement du Québec pourrait reprendre la gestion du parc Forillon des mains d’Ottawa. L’information a été confirmée en journée par le député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix.
Le parc Forillon pourrait être transféré à des mains québécoises.
Depuis sa création en 1970, une clause du bail permet à la province de le résilier en 2030.
« Nous avions jusqu’en juin dernier pour faire valoir notre intention, ce qui a été fait en bonne et due forme par le gouvernement du Québec. Nous attendons depuis un retour du gouvernement fédéral à ce sujet », indique Stéphane Sainte-Croix, le député du comté de Gaspé.
Le député caquiste affirme que la reprise du territoire permettrait d’ honorer l’histoire et de contribuer à la mission de protection du site.
« Je pense qu’avec un gouvernement à connotation nationaliste, et avec l’expertise qui s’est développée au sein même du réseau québécois des parcs, c’est notre devoir d’évaluer les options. »
Le parc est un attrait touristique majeur de la Gaspésie et doit être protégé, selon Québec.
La SÉPAQ a une expertise qui serait utile, d’après Stéphane Sainte-Croix.
« C’est un produit d’appel touristique majeur pour la Gaspésie, d’importance internationale. Donc, l’idée n’est pas de remettre en question la mission ni le travail, bien au contraire. L’idée est tout simplement d’honorer l’entente. »
Pour l’historien et porte-parole de Patrimoine Gaspésie, Jean-Marie Fallu, une gestion provinciale sous la gouverne de la SÉPAQ pourrait être bénéfique.
« Je pense que de meilleurs investissements pourraient être faits autour du parc Forillon venant du gouvernement du Québec. Je donnais comme exemple le phare de Cap-des-Rosiers. On se bat depuis des années pour intégrer ce phare-là au parc Forillon et il n’y a rien qui bouge à Ottawa. J’ai l’impression que ça bougerait plus si ça venait du Québec. »
Le gouvernement provincial dit vouloir prendre le temps de bien faire les choses… Mais l’information ne s’est pas rendue jusqu’à la présidente du Regroupement des personnes expropriées de Forillon et leurs descendants.
La Nation de Gespeg, qui a conclu en 2024 une entente de cogestion de cinq ans avec Parcs Canada, n’aurait pas non plus été informée, selon les informations de Radio CHNC.
« On a été surpris. On savait que c’était une possibilité, mais on ne pensait pas que ça allait être pris aussi rapidement en considération, ou que quelqu’un allait vraiment mettre ça en action. Par contre, je comprends que c’est une nécessité », mentionne Hermeline Smith.
Québec s’était engagé à l’époque à rembourser les sommes investies depuis la création du parc, advenant une reprise.
« Personnellement, je me dis que ce n’est presque pas possible parce que la province est dans un gros déficit et le cout de transfert sera énorme », ajoute Mme Smith.
Reste à savoir si les fonctionnaires fédéraux honoreront les causes du contrat.
Le ministère de l’Environnement et Changement climatique Canada ainsi que la Nation Micmac de Gespeg n’ont pas donné suite à nos courriels.