Difficultés financières : que réserve l’avenir à la RÉGÎM ?
Publié le 22 avril 2026 à 15:30, modifié le 23 avril 2026 à 15:11
Par: Patrick Giguère
La Régie intermunicipale de transport de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine traverse une importante crise financière. Ses coffres sont presque vides.
Ça fait au moins seize mois que la Régie intermunicipale de transport attend son chèque d’un peu plus d’un million de dollars du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
« Ça fait plusieurs fois qu’on nous dit : “Inquiètez-vous pas, ça s’en vient rapidement.” Mais ça fait plus d’un an que c’est supposé arriver “rapidement”. Pendant ce temps-là, mois après mois, on est obligés de puiser dans nos liquidités et d’utiliser notre marge de crédit», soupir le président de l’organisation, Daniel Côté.
L’organisation a dû aller frapper à la porte de la Table des préfets de la Gaspésie pour emprunter 50 mille dollars.
« Le taux d’intérêt de la table des préfets est beaucoup plus avantageux que celui d’une banque; ça permet de donner un peu de souffle », dit-il avec un sourire en coin.
Réorganisation des trajets, situation financière précaire depuis plusieurs mois, si l’argent n’arrive pas d’ici deux mois :
« Après ça on est dans une totale impasse financière. Il va falloir faire arrêter de faire circuler les autobus », prévient-il.
Pour des usagers, la disparition du service entraînerait des répercussions importantes dans leur quotidien.
« Bien oui, parce que je trouve qu’il y a beaucoup de monde qui utilise ce service-là. Comme le vendredi, je vois beaucoup de personnes qui reviennent travailler ou qui vont travailler avec ce service-là, et il y en a qui n’ont pas la capacité de conduire une voiture », fait savoir Marie-Lou.
« J’aime ça faire des activités, le camp, l’école », dit Sylvie Synnott-Besni lorsqu’on lui demande pourquoi c’est important de maintenir le service de transport adapté dans la région.
« C’est un service essentiel et ce serait catastrophique s’il n’y avait plus de transport adapté », ajoute Pascale Poirier, la directrice générale de l’Association des personnes handicapées Action Chaleurs
La Régie perçoit un cent par litre, par le biais de la taxe sur l’essence, la principale source de revenus qui permet de faire rouler le transport collectif et adapté.
« Par contre, le revenu de la taxe sur l’essence est en baisse constante depuis cinq ans; le revenu global baisse », explique M. Côté, en raison de la diminution des ventes de carburant.
Autre option : imposer une taxe sur l’immatriculation, mais l’idée ne fait pas l’unanimité auprès des élus et de la population.
« Ça ne me dérangerait pas, pas du tout, je pense que ça aide beaucoup les jeunes qui vont aux études », répond un homme.
« Oui, tout dépend du montant », ajoute un autre.
« Non, on en paie assez comme ça », lâche une Gaspésienne.
« On est en train de concilier tout ça au conseil d’administration pour savoir ce qu’on fait », termine Daniel Côté, le président de la Régie intermunicipale de transport de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
Le compte à rebours est donc commencé. La Régie espère recevoir un paiement de Québec d’ici les prochaines semaines, afin d’éviter de prendre des décisions qui pénaliseront assurément les utilisateurs du service.