Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Qualité de l’eau : fini les échantillonnages dans plusieurs rivières

Publié le 17 avril 2026 à 17:09, modifié le 20 avril 2026 à 08:08

Par: Charles Boisvert

Le ministère de l’Environnement suspend les échantillonnages afin d’analyser la qualité de l’eau pour plusieurs rivières. Au KRTB, cinq cours d’eau ne seront pas testés en 2026, ce qui préoccupe les organismes de bassin versant.

L’eau des rivières Cabano, Ouelle, du Loup, Verte et Saint-Jean n’est plus analysée.

« Si on a zéro donnée, on ne peut pas collectivement prendre soin de nos rivières et nos lacs, et de s’assurer que ce qu’on y fait, ça convient bien », explique Anne Allard-Duchêne, directrice de l’Organisme de bassin versant du fleuve Saint-Jean.

Aucune décision n’a été prise concernant la rivière des Trois Pistoles, alors que pour les rivières Kamouraska et Fouquette, les échantillonnages sont maintenus. Ils permettent notamment de mesurer la présence de contaminants, comme le phosphore et les coliformes fécaux.

« On trouve ça malheureux, parce que ces données-là, c’est un peu la base de notre travail. Si on veut faire une gestion responsable d’une ressource, nécessairement, il faut savoir dans quel état elle est », mentionne Antoine Plourde-Rouleau, directeur général de l’Organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup (OBAKIR).

Optimisation des ressources

Par courriel, le ministère de l’Environnement nous explique qu’il procède à une optimisation de ses ressources. Selon les OBV, le financement et les ressources humaines sont fragiles. Opérer une station d’échantillonnage, du prélèvement à l’analyse en laboratoire, coûte annuellement 4 500 dollars.

« C’est sûr que si on ne prend pas de données, c’est facile de dire qu’il n’y a pas de problème. On ne le sait pas », indique Anne Allard-Duchêne.

« Il faut voir cet échantillonnage comme un investissement pour s’assurer de faire une gestion éclairée », fait savoir Antoine Plourde-Rouleau.

Le ministère nous affirme que les rivières visées présenteraient une meilleure qualité de l’eau que d’autres ailleurs au Québec.

« Ce n’est pas parce qu’elles sont bonnes qu’il ne faut pas les surveiller », précise Anne Allard-Duchêne. « Les suivre, même quand elles sont bonnes pour détecter plus rapidement des contaminations ou des problématiques, ça nous permet de réagir plus tôt ».

Depuis 1979, le Réseau-rivières permet un suivi de la qualité de l’eau sur les rivières du Québec. Le gouvernement a donc sélectionné des stations en fonction de certains critères pour prioriser entre autres, celles qui permettent de suivre la qualité de l’eau à l’embouchure des rivières parmi les plus contaminées au Québec, les petits tributaires agricoles et celles répondent à des engagements intergouvernementaux.

Baignade ou pêche compromise?

Selon les OBV, ces analyses sont d’autant importantes dans le contexte des changements climatiques. Sans reprise à long terme, les citoyens pourraient en subir les conséquences.

« Si on a une eau qui est plus polluée, ça peut engendrer des coûts supplémentaires pour le traitement de l’eau. Est-ce qu’on veut maintenir des activités de baignade sur nos cours d’eau? Est-ce qu’on veut maintenir des activités de pêche aussi? », questionne Antoine Plourde-Rouleau.

Le ministère nous écrit d’ailleurs que des activités d’échantillonnage dans la région pourraient être confirmées ultérieurement.