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Dans la peau de personnes vivant avec un trouble de santé mentale

Publié le 16 avril 2026 à 17:56, modifié le 16 avril 2026 à 19:14

Par: Catherine Pellerin

Imaginez, pendant quelques minutes, être dans la tête d’une personne qui souffre d’anxiété, de dépression, de schizophrénie ou de bipolarité. C’est ce que propose une exposition interactive, qui est présentement en tournée dans l’ouest du Bas-Saint-Laurent.

 

Installée cette semaine au Cégep de La Pocatière, l’expérience immersive Épisens invite les participants à entrer « dans la tête » de personnages fictifs vivant différents troubles de santé mentale.

Grâce à des dispositifs sensoriels — lunettes altérant la vision, sacs à dos alourdissants ou encore effets sonores simulant des battements cardiaques accélérés — il est possible de ressentir physiquement et émotionnellement certains symptômes.

« Les lunettes, tu ne vois presque rien, le sac à dos te fait mal au dos… c’est vraiment stressant et tu comprends comment la personne se sent », explique Rose-Marie Lavoie, étudiante au Cégep de La Pocatière.

Même constat pour Logan Bouchard. « Tu mets une veste et ton cœur bat vraiment vite. Honnêtement, tu ne te sens pas bien. Tu te sens vraiment dans sa peau. »

L’atelier a été conçu de manière à ce que chaque participant puisse garder le contrôle en tout temps. Il est ainsi possible d’interrompre l’expérience si elle devient trop intense.

L’exposition est coproduite par le Centre psychosocial Richelieu-Yamaska et CREO. Le CISSS du Bas-Saint-Laurent, en collaboration avec des centres de prévention du suicide, a tenu à la présenter à la population de la région.

Pour l’organisatrice communautaire du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Anacha Rousseau, il s’agit d’un outil puissant de sensibilisation.

« Même des intervenants d’expérience ont été impressionnés. Ça permet vraiment de mieux comprendre et de réduire la stigmatisation », affirme-t-elle.

La directrice générale du Centre Prévention Suicide du KRTB, Julie Jalbert, encourage d’ailleurs la population à tenter l’expérience. « Que ce soit pour soi ou pour mieux comprendre un proche, c’est important de venir le vivre. »

Bien que l’activité soit ouverte à tous, elle vise particulièrement les jeunes, alors que les premiers symptômes de troubles de santé mentale apparaissent souvent avant l’âge de 25 ans.

Des ressources d’aide sont par ailleurs accessibles sur place pour accompagner ceux qui en ressentiraient le besoin.

« On vit l’expérience intensément, mais en sortant, il y a plusieurs ressources disponibles tout autour », souligne le directeur général du cégep, Steve Gignac.

« On a une équipe psychosociale, donc on s’est baladé toute la semaine pour être disponible s’il y avait des besoins, des réactions, des commentaires à accueillir, des questions aussi », explique le psychologue de l’établissement, Jean-François Charron.

Cette immersion permet de mieux accompagner ceux qui souffrent de troubles de santé mentale et qui ont besoin d’aide. Elle vise aussi à susciter l’empathie et à briser les préjugés.

« On ne peut pas juger si on ne le vit pas. Ça nous sensibilise vraiment », conclut Rose-Marie Lavoie.

Après Trois-Pistoles la semaine dernière, l’activité est disponible jusqu’au samedi 18 avril à La Pocatière. Du 28 avril au 1er mai, Épisens s’arrêtera au Centre commercial de Rivière-du-Loup. Finalement, du 4 au 8 mai, il sera possible de plonger dans cette exposition au Galeries Témis, à Témiscouata-sur-le-Lac.