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Musée de la sculpture sur bois : un emprunt de 475 000$ qui ne fait pas l’unanimité

Publié le 19 mars 2026 à 17:33, modifié le 19 mars 2026 à 17:33

Par: Charles Boisvert

Ce sont finalement 566 citoyens de Saint-Jean-Port-Joli qui ont signé hier le registre pour demander un référendum concernant un règlement d’emprunt. La municipalité veut aider financièrement le Musée de la sculpture sur bois, mais ça ne fait pas l’unanimité.

Deux fois plus de citoyens que le minimum requis se sont présentés au bureau municipal pour signer le registre.

« Il y a beaucoup d’analyses à faire par rapport à ce résultat obtenu », explique le maire de Saint-Jean-Port-Joli, Normand Caron. « Plusieurs options sont sur la table ».

Dans l’immédiat, il y a deux options : tenir un référendum ou annuler le règlement d’emprunt.

« Dans les six à huit semaines, il y aura une position qui va être prise », indique Normand Caron.

Les 475 000 $ accordés seraient utilisés pour effectuer des travaux de réfection (250 000 $), éponger son déficit (190 000 $) et gérer les œuvres (35 000 $).

Ce montant, remboursable sur 15 ans, est compris dans un projet de 2,5 millions pour créer un véritable espace culturel autour du musée, incluant le domaine Médard-Bourgault et l’ancienne école de sculpture. D’autres partenaires, comme des entreprises, des particuliers et le ministère des Affaires municipales sont impliqués.

« C’est un projet touristique et culturel majeur, qui a des implications au niveau socio-économique et qui a des retombées très intéressantes pour le milieu », mentionne François Garon, directeur général de la Corporation des Fêtes et Événements Culturels de Saint-Jean-Port-Joli (COFEC).

Contribution récurrente?

Mais cet investissement ne plaît pas à tout le monde. Mathieu Beauregard, lui-même sculpteur de bois, craint que ce type de contribution devienne récurrent pour les citoyens.

« Dans cinq ans, on va avoir la même discussion et ils vont encore demander un montant. Je suis certain de ça. Donc, c’est ça qui est dommage. Je ne pense pas que ce soit quelque chose de viable comme ils le présentent présentement », soutient-il.

Le maire estime que la hausse des taxes sera de 20 $ par année pour une résidence moyenne dont la valeur est de 266 000 $. Le propriétaire de la boutique Sculpture & Ébénisterie Beauregard soutient que la municipalité devrait attendre que le musée atteigne la rentabilité avant d’octroyer de telles sommes.

« Il faut dire qu’on a eu une hausse de 5,2 % dernièrement. Dans le même mois qu’on a notre hausse, il nous amène un projet de même. C’est sûr que là, le monde est tanné de payer », affirme-t-il.

Attrait touristique névralgique

Le musée est un véritable pilier de l’industrie touristique à Saint-Jean-Port-Joli.

« La renommée de Saint-Jean-Port-Joli au départ, on le sait, c’est la sculpture sur bois », explique Normand Caron.

« C’est identitaire, ça fait partie de l’ADN », mentionne François Garon.

« Le monde venait à Saint-Jean-Port-Joli pour la sculpture. Moi, j’ai commencé à sculpter, l’été, c’était épouvantable. C’était plein de monde qu’il avait. Beaucoup d’Américains, des gens de l’Ontario et de l’Ouest canadien », raconte André-Médard Bourgault, sculpteur et fils de Médard Bourgault.

Faute de financement, plusieurs institutions muséales sont actuellement en péril dans l’Est-du-Québec.

Questionné sur ce qu’il pense des gens qui pensent que les musées sont démodés, François Garon répond : « Oh mon dieu, seigneur. Je les inviterais à venir et à plonger dans le musée pour comprendre. Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient », affirme-t-il.

L’avenir du musée est compromis si l’emprunt est annulé, selon la COFEC.