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Secteur manufacturier : une visite chez Alstom pour intéresser la relève

Publié le 13 mars 2026 à 16:44, modifié le 13 mars 2026 à 16:47

Par: Charles Boisvert

Des élèves de troisième secondaire de l’école Chanoine-Beaudet, à Saint-Pascal, ont pu visiter l’usine d’Alstom à La Pocatière cet avant-midi. Une occasion pour eux de découvrir le secteur manufacturier, qui fait face à un manque important de main-d’œuvre et de relève.

Plusieurs jeunes ont été fascinés par ce qui se trouve à l’intérieur de l’usine d’Alstom à La Pocatière.

« Ce n’est pas quelque chose qu’on construit en deux semaines seulement », lance Miguel, élève de secondaire 3 à l’école Chanoine-Beaudet.

Lors de leur visites, les élèves ont notamment pu observer l’avancement des voitures du métro de Vancouver ainsi que des trains du New Jersey.

« Les trains, comment ils sont formés, je trouve que c’était pas mal impressionnant d’être à côté de ça pendant qu’ils se fabriquent », affirme Anthony, un élève.

« J’ai trouvé ça quand même assez intéressant. C’était vraiment le fun savoir comment que les trains étaient construits et comment c’était tout formé », mentionne Audrey-Anne, également élève.

500 postes vacants

Confrontée à un important manque de main-d’œuvre, l’industrie manufacturière cherche à attirer de nouveaux talents. Au Bas-Saint-Laurent, environ 500 postes sont actuellement vacants. Au Québec, on parle d’un manque de 12 000 travailleurs dans le secteur.

Chez Alstom seulement, on en compte 69. Alors que l’usine est en plein essor et déborde de contrats comme le métro de Toronto ou le tramway de Québec, le directeur demeure confiant de combler les postes.

« On essaie aussi d’attirer les gens par des métiers très variés et des possibilités de carrière et d’évolution. Des métiers stables, bien rémunérés et une perspective d’avenir », indique Frédéric Platteeuw, directeur général de l’usine d’Alstom à La Pocatière.

« On est un secteur où il y a une très petite proportion de travailleurs âgés de moins de 25 ans et ça nous préoccupe », souligne Julie White, présidente-directrice générale de Manufacturiers & Exportateurs du Québec.

Variété de métiers

Question d’intéresser les travailleurs de demain, les élèves ont pu découvrir différents métiers, que ce soit en production, en automatisation, en ingénierie ou encore en logistique.

« Au niveau mécanique et électronique, il y a plein de choses qui sont mises en branle, donc les élèves peuvent voir tout ça, et ensuite ils pourront faire des liens avec eux-mêmes, leurs intérêts et leurs aptitudes », explique Josée Chouinard, conseillère en orientation.

Si certains jeunes savent qu’ils ne sont pas intéressés par un métier dans le secteur manufacturier, d’autres ont ouvert la porte. Mais ils sont unanimes quand vient le temps de juger la pertinence d’une telle visite : tous ont apprécié.

Pour recruter davantage, le secteur devra toutefois revaloriser les métiers et déconstruire certains mythes associés au travail en usine.

« Ces emplois-là, ce n’est pas l’image qu’on a des fois, un peu dépassée, des générations précédentes, de nos grands-pères et arrière-grands-pères, qui allaient travailler en usine avec un marteau, et qui revenaient tout sales », soutient Julie White.

Pour les prochaines années, l’industrie craint de nombreux départs à la retraite. Selon les dernières données provinciales, 24 % des travailleurs du secteur manufacturier sont âgés de 55 ans et plus.