Guerre au Moyen-Orient : début de la saison des sucres sur fond d’inquiétudes
Publié le 10 mars 2026 à 16:42, modifié le 10 mars 2026 à 16:42
Par: Charles Boisvert
La saison des sucres est débutée depuis quelques jours pour la plupart des érablières du Bas-Saint-Laurent. Les acériculteurs pourraient toutefois subir aussi les répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
L’eau d’érable a commencé à couler en fin de semaine dernière à l’Érablière A. Dumais à Rivière-Bleue. Le coup d’envoi du temps des sucres est donné.
« Ça se passe bien. Ça coule bien. L’eau n’est pas très sucrée, mais c’est un début. C’est un début de saison », explique André Dumais, propriétaire de l’Érablière A. Dumais.
« Au niveau de l’entaillage, les gens étaient prêts. Je pense que tout le monde avait prévu un peu. Ça faisait deux années que ça coule quand même très tôt. Cette année, les gens avaient prévu le coup », mentionne Justin Plourde, président des Producteurs et productrices acéricoles Bas-Saint-Laurent–Gaspésie. « C’est un peu une pré-saison, une pratique avant les premières coulées importantes ».
Les acériculteurs auraient cependant aimé un contexte différent pour amorcer la saison. En raison du conflit qui sévit au Moyen-Orient, le prix du baril de pétrole a connu une hausse historique.
« La majorité des évaporateurs utilisés dans les érablières, c’est encore des évaporateurs à l’huile », indique Justin Plourde.
Évaporateur à l’huile ou électrique?
À son érablière de Saint-Eusèbe, Justin Plourde possède un évaporateur électrique. Pour sa part, André Dumais fait partie de ceux qui utilisent un évaporateur qui nécessite du mazout, un dérivé du pétrole.
« J’ai rempli mon réservoir la semaine passée, le lundi après que la guerre a commencé. Je l’ai payé un petit peu moins cher, mais dans les prochaines fois que je vais remplir, parce que je vais le remplir trois ou quatre fois pour une saison complète, on risque de la payer très cher », explique André Dumais.
« C’est sûr que ça va affecter un peu la rentabilité des entreprises en lien avec ça », prédit le président des Producteurs et productrices acéricoles Bas-Saint-Laurent–Gaspésie.
Si le conflit se poursuit, le prix du sirop d’érable pourrait augmenter. C’est une convention de mise en marché qui fixe le prix du sirop. Elle vient à échéance cet été.
« Ça va être de trouver un équilibre pour que nos producteurs soient capables de dégager un profit pour continuer à investir dans leur entreprise et continuer à se développer, et pour le consommateur, que le produit demeure quand même accessible et abordable », souligne Justin Plourde.
Eau pas assez sucrée?
Les producteurs espèrent maintenant voir le taux de sucre augmenter dans l’eau d’érable.
« En début de saison, l’eau est toujours moins sucrée », explique André Dumais.
« Il y a des théories qui parlent du climat de l’hiver, si ça a été un hiver froid ou un hiver plus doux », mentionne Justin Plourde.
Après des années 2024 et 2025 historiques, les producteurs se souhaitent une autre saison à la hauteur des attentes. Pour 2026, difficile à prévoir : un bilan pourra être dressé au mois de mai.