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À 93 ans, le ski adapté devient un rêve réalisé

Publié le 4 mars 2026 à 11:40, modifié le 4 mars 2026 à 13:05

Par: Patrick Giguère

À 93 ans, Adèle Henry vient de réaliser un rêve qu’elle caressait depuis plusieurs années : dévaler une pente en ski adapté. Malgré une dégénérescence maculaire qui lui fait presque totalement perdre la vue, la nonagénaire a tenu à vivre l’expérience, entourée de ses proches, à la Station touristique Pin Rouge, vendredi dernier.

Adèle Henry n’a pas froid aux yeux… Après avoir vu l’annonce de l’Association des personnes handicapées visuelles, elle a décidé de s’inscrire.

« C’est un rêve que je voulais depuis longtemps et je me disais, chaque hiver, je vais y aller… mais je n’y allais pas. »

Veuve depuis douze ans, Mme Henry a commencé à perdre la vue à 65 ans.

Sa vision a considérablement diminué au cours de la dernière année.

« J’avais toujours vu mon mari faire du ski alpin. Puis quand il est devenu trop âgé, il a continué ça jusqu’à 85 ans. On lui payait le traîneau tous les hivers. On aimait ça. La famille venait. Je me suis dit : il était heureux, pourquoi ne pas y aller? Je vais être heureuse moi aussi. »

Vendredi, c’était le grand jour. Aux côtés de l’une de ses enfants, elle a entrepris cette descente remplie d’émotion.

« C’est très émotif, parce que c’est notre père qui nous a appris à faire du ski alpin… », dit Lucile Boudreau, sa fille.

Après s’être chaudement habillée et installée dans l’équipement adapté, la nonagénaire a pris place au sommet de la pente, avec des bénévoles expérimentés.

« Ça va être le fun, je vais aimer ça, c’est certain! J’aime le monde, il y a beaucoup de monde, je suis heureuse et je suis bien! »

Sa fille, Olive Boudreau, décrit sa mère comme une femme qui n’a jamais cessé d’être active, malgré ses problèmes de santé.

« Elle faisait de la piscine jusqu’à l’âge de 92 ans. Elle fait des exercices tous les jours dans son appartement. Elle lit beaucoup de livres parlés. Elle est très active. »

«De voir une personne de 93 ans faire du ski adapté aujourd’hui, ça nous démontre que l’âge et la déficience visuelle ne sont pas des limites pour participer à ce genre d’activité », indique Annie Arsenault, la directrice générale de l’Association des personnes handicapées visuelles de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Pendant cette journée, cinq personnes avec une déficience visuelle ont pu dévaler les pentes à deux reprises et vivre pleinement l’expérience.

« D’après moi, ça faisait cinq ans que ça n’avait pas été offert. Alors cette année, on s’est dit qu’on allait refaire l’activité, et ça cadrait bien dans le cadre du trentième anniversaire de notre association », ajoute l’organisatrice.

Au-delà du sport, l’initiative permet surtout de briser l’isolement et de favoriser l’inclusion.

« D’offrir ces activités-là permet de participer à la vie sociale et de découvrir les sports du coin », rappelle Mme Arsenault.

De retour au point de départ, Mme Henry a été accueillie sous les applaudissements de ses proches.

« C’est merveilleux, c’est merveilleux. Je regrette de ne pas être venue avant », s’est exclamée la résidente de New Richmond.

« Ça s’est très bien passé. On voyait que ma mère était très émotive et très souriante. On lui a demandé comment elle avait aimé son premier parcours. Elle disait qu’elle avait vraiment adoré ça, qu’elle sentait vraiment la glisse sous elle. Elle était vraiment émerveillée », raconte Lucille Boudreau.

Une chose est certaine : Adèle Henry a prouvé qu’il n’y a pas d’âge pour sortir de sa zone de confort.

« Il faut penser à d’autres choses dans la vie, il faut être heureux, il faut foncer toujours. Moi, quand j’ai vu que je ne pouvais plus marcher beaucoup, j’ai faite d’autres activités. »

Un moment qui restera gravé dans les mémoires.

Une preuve que, peu importe les défis, il est toujours possible de repousser ses limites.