Baie-des-Chaleurs : vers une expansion des zones de cueillette de coques
Publié le 25 février 2026 à 16:29, modifié le 25 février 2026 à 17:09
Par: Pierre-Marie Nicolas
Le député fédéral Alexis Deschênes, porte-parole en matière de pêches, demande à Ottawa d’ouvrir de nouveaux secteurs pour la pêche aux coques dans la Baie-des-Chaleurs. Il souhaite ainsi faciliter l’accès à cette ressource traditionnelle.
Bien que la pêche aux coques soit une activité traditionnelle et culturelle ancrée dans l’identité gaspésienne, de nombreux secteurs demeurent fermés. Le député bloquiste, qui a récemment nommé un conseiller spécial sur cet enjeu, dénonce un manque de collaboration flagrant du gouvernement fédéral.
« Le gouvernement entrave la poursuite de cette tradition en limitant les secteurs où on peut pêcher : à Miguasha, puis de temps en temps sur le banc de Saint-Omer », déplore Alexis Deschênes.
Le nœud du problème ne résiderait pas dans la pollution réelle, mais dans l’absence de données. De nombreux bancs sont fermés « par défaut » parce qu’Environnement Canada ne réalise pas les tests nécessaires sur la qualité de l’eau et les biotoxines.
Le maire d’Escuminac, Sylvain Roy, s’intéresse à ce dossier depuis longtemps. Une étude de Merinov a déjà démontré que l’accès à certains bancs serait possible, mais le fédéral invoque un manque de ressources financières pour justifier le maintien des interdictions.
L’irritation est d’autant plus grande que les règles semblent différer de l’autre côté de la rive. Sylvain Roy souligne un « deux poids, deux mesures » flagrant :
-
Au Nouveau-Brunswick : Des zones industrielles ont un accès presque illimité à leurs bancs coquilliers.
-
En Gaspésie : Malgré une industrie moins polluante, l’accès demeure verrouillé.
La répression plutôt que la prévention
Alexis Deschênes critique les sommes investies pour surveiller et pénaliser les citoyens, alors que cet argent pourrait servir à l’éducation et à l’ouverture de nouveaux sites. « Ce que j’aimerais, ce serait plutôt investir dans la prévention et permettre à la culture gaspésienne de pouvoir s’exprimer », affirme le député.
Sur le terrain, les amateurs de pêche appuient massivement l’initiative, rappelant que cette ressource fait partie intégrante du patrimoine local.
Le dossier sera officiellement discuté d’ici six mois à Ottawa.