L’uniforme scolaire maintenu à Baie-Saint-Paul, contre l’avis des élèves
Publié le 25 février 2026 à 16:48, modifié le 25 février 2026 à 16:48
L’uniforme scolaire sera maintenu à l’école secondaire de Baie-Saint-Paul, malgré l’avis des élèves. Les jeunes avaient voté à 64% pour qu’il soit aboli lors d’une consultation. Les inégalités sociales et le sentiment d’appartenance ont toutefois pesé dans la décision du conseil d’établissement.
En 2014, les élèves du Centre éducatif Saint-Aubin demandaient d’instaurer le port de l’uniforme pour contrer l’intimidation. Dix ans plus tard, il a été remis en doute par une pétition ayant recueilli près de 240 signatures.
« Les arguments qui sont nommés à ce moment-là sont évidemment des arguments de bien-être, de libre expression, d’avoir la possibilité de se vêtir comme ils le souhaitent. Ils amènent aussi le fait que l’aplanissement des inégalités sociales, et bien on se questionne à savoir si réellement l’uniforme remplit ce mandat-là », explique en entrevue la directrice de l’établissement, Eve Marier-Marceau.
Dans un sondage lancé cet automne, deux élèves sur trois affirment être pour le retrait, alors que c’est l’inverse pour les parents (28 %). Le conseil d’établissement a voté finalement pour le maintien.
« On est dans un discours qui est quand même polarisant, l’uniforme. Ce n’était pas un endroit où j’allais trouver un consensus parfait », admet la directrice. « Mais l’idée n’a pas été de tasser ce que les élèves souhaitaient. Ça a été réellement discuté de façon démocratique. »
Les mêmes raisons qui ont mené au port de l’uniforme ont encore pesé dans la balance.
« L’aspect d’uniformité pour les inégalités sociales, pour les différences de classe entre certains élèves, ça ressort de façon majoritaire. C’est certain que ce point-là était précieux pour les parents », soulève Mme Marier-Marceau.
Les médias ne sont pas autorisés à filmer des élèves en entrevue, mais nous avons quand même pu parler à leur coprésidente, Frédérique Ménard. Elle ne constate pas de déception profonde chez eux, mais souligne tout de même l’importance pour eux de se sentir considérés dans une démarche qui, ici, ne leur a pas été favorable.
La direction prend cet aspect au sérieux. « Nous comme école, il faut cheminer, il faut faire en sorte que ce soit une décision qui répond au bien-être de nos élèves, donc comment on peut mieux les impliquer dans le choix des tissus, des modèles d’uniforme, comment on peut rehausser le sentiment d’appartenance avec un élément qui, en effet à la base, eux ne le souhaitaient pas », indique Eve Marier-Marceau.
Les élèves pourraient donc être appelés à choisir des uniformes qui leur ressemblent davantage et qu’ils porteront à la rentrée 2027.