Urgence de Trois-Pistoles : une mobilisation qualifiée de « historique »
Publié le 12 février 2026 à 09:07, modifié le 13 février 2026 à 17:29
Par: Megan Maltais
Même si leur urgence n’est plus menacée à court terme, environ 850 personnes se sont rassemblées mercredi soir dans l’église de Trois-Pistoles. La communauté des Basques a voulu envoyer un message clair : elle va se battre jusqu’au bout et elle exige le maintien intégral des services. Une mobilisation qualifiée de « historique ».
Le bâtiment religieux était à pleine capacité. Environ 150 citoyens ont même été refusés à l’entrée, faute d’espace à l’intérieur. Des élus des Basques et de l’extérieur de la région, dont le préfet de Rivière-du-Loup, étaient sur place. Des membres du comité pour l’urgence de Pohénégamook ont aussi fait la route.
Plusieurs personnes ont pris la parole, dont des médecins et infirmières ainsi que les responsables des Chambres de commerce de Trois-Pistoles et de Saint-Jean-de-Dieu.
Quelques ovations ont été effectuées par la foule, notamment lorsque le maire Maurice Vaney a pris la parole. Les citoyens ont également chaudement applaudi l’équipe médicale de l’hôpital, qui permet d’offrir les soins 24h sur 24.
« On nous mentionne devoir « retourner à la planche à dessin », en se gardant toutefois de préciser quand, avec qui ou encore de quelle manière. Cette improvisation de la part du CISSS et de Santé Québec préoccupe grandement les membres du Comité de VIGIE des Basques qui jugent qu’il est temps d’obtenir des réponses et des engagements fermes à moyen et à long terme. »
« On nous dit avoir entendu la population, mais on ne semble pas nécessairement prêts à l’écouter et à prendre des engagements clairs pour assurer le maintien des services. Nous ce qu’on demande, ce n’est pas de retourner à la planche à dessin, c’est de tourner la page définitivement sur les menaces de diminution ou de fermeture des services, » a mentionné Maurice Vaney.
Les personnes réunies ont également adopté une résolution.
« IL EST RÉSOLU QUE l’assemblée citoyenne, réunie ici en l’Église de Trois-Pistoles, en ce 11 février 2026, exige que Santé Québec et le CISSS du Bas-Saint-Laurent mettent fin immédiatement à toute procédure, démarche ou projet pouvant mener à long terme à la réduction, la limitation ou l’abolition des services d’urgence à l’hôpital de Trois-Pistoles/Les Basques »
« Le message est clair pour la population des Basques. Nous espérons qu’il l’est tout autant pour le CISSS et pour Santé Québec » a ajouté M. Vaney.
La mobilisation se poursuivra
Le comité a également assuré que la mobilisation se poursuivra. « Il y a quelqu’un qui nous a comparé au village Gaulois d’Astérix, qui donnait un avertissement aux politiciens de dire “faites attention, c’est une région qui résiste” », explique Maurice Vaney.
« La poursuite de la mobilisation est essentielle pour obtenir des garanties formelles de la part du CISSS du Bas-Saint-Laurent et de Santé Québec dans ce dossier. Les membres du Comité de VIGIE ont ainsi présenté plusieurs pistes d’action en vue de maintenir, voire d’accroître la pression dans les prochaines semaines. L’annonce de la semaine dernière est arrivée dans un crescendo important de mobilisation et il est important pour les membres du comité de VIGIE de souligner leur intention ferme de maintenir la pression dans les temps à venir avec l’appui et la participation de la population. »
Les citoyens sont prêts à résister aussi longtemps que nécessaire. La foule s’est levée à plusieurs reprises, pour faire des ovations, comme à la messe. « Il y a une chose qu’on ne fera pas ce soir, c’est se mettre à genou », a martelé la président de la Chambre de commerce de Trois-Pistoles, Pascale Gagnon.
Plusieurs citoyens ont été particulièrement surpris de l’ampleur de l’événement. « Le soutien des citoyens à Trois-Pistoles, c’est magnifique. Quand je m’en suis venu à pied pour le rendez-vous de 19h à l’église, ça s’en venait de partout, de toutes les rues », explique une dame
« Tu ne peux pas enlever un hôpital, c’est à peu près tout ce qu’il nous reste à Trois-Pistoles. S’ils nous l’enlèvent, ils sont aussi bien de fermer le village », estime un homme, qui précise que la mobilisation doit continuer. « Je pensais qu’il y aurait beaucoup de monde, mais pas à ce point-là. Il y avait une solidarité, une énergie dans l’air », ajoute une citoyenne.
La force d’une région
La région des Basques est reconnue pour la force de sa mobilisation citoyenne. « C’est une preuve de plus que les mouvements sociaux, ça marche. On a fait reculer le gouvernement! », se réjouit le président de l’AQDR de l’Est-du-Québec, Pierre-Paul Malenfant.
La population s’était mobilisée lors de l’Opération dignité au début des années 70, pour conserver le bureau de poste de Saint-Clément à l’hiver 93 et plus récemment, pour sauver le traversier l’Héritage 1. « Et hier, ç’a été un autre exemple. Maintenant, je pense que notre mouvement on peut l’appeler Opération dignité santé au Bas-Saint-Laurent », estime ce dernier.
Par ailleurs, le CISSS du Bas-Saint-Laurent nous a confirmé qu’il n’y aura pas de bonification du service ambulancier sur le territoire des Basques, étant donné le maintien de l’urgence.
Avec la collaboration de Catherine Pellerin