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Nouvelles

Violence conjugale : une femme témoigne pour toutes celles qui sont victimes

Publié le 11 février 2026 à 16:37, modifié le 11 février 2026 à 16:41

Par: Annie St-Onge Marchand

Un homme de 31 ans a été reconnu coupable de voies de fait contre son ex-conjointe aujourd’hui à la Cour provinciale d’Edmundston. André Côté écope d’une peine de prison ferme de 16 mois. La victime a accepté de nous parler pour montrer à toutes celles qui vivent de la violence conjugale qu’il est possible de s’en sortir et d’obtenir justice.

La femme souhaite garder l’anonymat, c’est pourquoi nous avons utilisé un nom fictif.

Anabelle peut enfin tourner la page plus de deux ans après les évènements.

« Qu’il soit vraiment en prison pour moi, c’est un soulagement. J’ai vraiment l’impression que finalement j’ai eu justice », révèle-t-elle.

Elle souhaite éviter qu’André Côté fasse d’autres victimes. C’est pourquoi elle a décidé de porter plainte et de prendre la parole aujourd’hui.

« Il faut que je le fasse parce que s’il fait ça à une autre femme, cette femme-là va se ramasser dans la même situation que moi. Je voulais absolument que ça se termine pour justement les prochaines femmes. »

Le 28 décembre 2023, son conjoint de l’époque, André Côté l’a étranglé. Elle s’est senti faiblir et croyait qu’elle allait mourir.  Elle a survécu, mais elle a subi une commotion cérébrale et a eu des ecchymoses au cou, à la tête, à son oreille et sur ses seins. Elle a aussi été atteinte psychologiquement. Elle a eu de nombreux épisodes de cauchemars, des crises de panique et de la difficulté à se concentrer au travail et à l’école. Elle a même perdu son emploi et n’a pas été en mesure de terminer ses études.

« J’ai eu beaucoup de perte d’estime de moi. La peur de ne pas être cru. Ça m’a pris du temps vraiment avant de me remettre dans une relation amoureuse. Ça reste, c’est quelque chose que jamais. Je ne vais pouvoir oublier », avoue la victime.

Selon elle, il est nécessaire de porter plainte, malgré la peur de ne pas être prise au sérieux.

« Violence domestique, ça se passe souvent entre les murs. On n’a pas vraiment de preuve, on n’a pas vraiment de témoins. Les femmes ne vont pas dénoncer parce qu’elles ont peur de ne pas être crues » mentionne-t-elle.

Le processus judiciaire nécessite également de relater constamment ce qu’elles ont vécu.

« Nous, en tant que victime, on essaie de continuer notre vie, de reprendre le dessus, pour finalement se faire replonger dans cette situation-là quand on commence à aller mieux », soulève-t-elle.

« On en entend parler qu’il y a beaucoup de féminicides, qu’il y a beaucoup de violence domestiques, que c’est inacceptable. Mais c’est inacceptable à quel point. De laisser un dossier traîner deux ans. »