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Travailleurs étrangers temporaires : un cri du cœur pour éviter de « fermer les régions »

Publié le 6 février 2026 à 17:07, modifié le 7 février 2026 à 18:41

Par: Charles Boisvert

Le dossier des travailleurs étrangers temporaires fait encore couler beaucoup d’encre. Les élus et entreprises de nos régions demandent à Québec et Ottawa de changer de cap et lancent un cri du coeur.

Cédric Domche Escassut et Sandrine Fozeu sont arrivés au Québec en provenance du Cameroun il y a moins de deux ans. Embauchés chez Rona à Rivière-du-Loup dans l’espoir de rester grâce au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), ces travailleurs vivent présentement beaucoup d’inquiétude.

« Il n’y a pas un migrant qui ne vit pas d’incertitude », explique Cédric Domche Escassut. « Je demanderais au gouvernement qu’il arrête d’être niaiseux, et qu’il essaie de respecter ce qu’il a promis ».

« Ça serait mieux pour moi de rester ici parce qu’on a des avantages ici que forcément on n’a pas chez nous au Cameroun », mentionne Sandrine Fozeu.

Ils déplorent que le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PTSQ) soit plus compliqué.

Les élus du Bas-Saint-Laurent veulent lancer un message clair : il faut soutenir l’immigration pour la survie des régions. Le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé, cite notamment Alstom, malgré un lucratif contrat accordé pour le métro de Toronto, comme entreprise qui pourrait faire face à un problème de main-d’œuvre.

« Dans nos régions, on se dévitalise et on est des populations qui sont vieillissantes. D’avoir des travailleurs étrangers qui viennent travailler chez nous et qui s’intègrent bien la population, je pense que c’est important », souligne-t-il.

PTET et PEQ

Les élus et les entreprises demandent à l’unisson de garder les conditions actuelles du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et d’octroyer un droit acquis, une clause « grand-père », aux personnes admissibles au PEQ.

« Il y a une urgence d’agir et de s’entendre entre les deux paliers de gouvernement », insiste Vincent Bérubé, aussi vice-président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL).

« Ça nous apporte une stabilité ici en magasin qu’on n’avait pas avant. Ces personnes-là sont importantes pour nous », indique Katheryn Laplante, designer chez Rona Rivière-du-Loup.

600 entreprises bas-laurentiennes comptent sur des travailleurs étrangers temporaires dans le cadre du PTET. Ils œuvrent notamment dans des secteurs comme le manufacturier, la foresterie, la santé et le tourisme. À l’Hôtel Universel, les scénarios qu’on souhaitait éviter sont en train de devenir réalité.

« C’est catastrophique », tranche Joanna Lortie, vice-présidente de l’Hôtel Universel.

Garder l’humain au centre des politiques

Une dizaine de travailleurs ont déjà dû quitter et environ cinq autres sont menacés. C’est surtout au restaurant de l’hôtel, le Boréal, que la soupe devient chaude.

« Ce n’est pas compliqué. Le restaurant, si on a plus d’immigrants, on ferme », avertit Joanna Lortie.

« Présentement, la pénurie de main-d’œuvre, c’est peut-être juste la pointe de l’iceberg qu’on voit », conclut Vincent Bérubé.

Avec tous les enjeux démographiques, économiques et politiques liés à l’immigration, Joanna Lortie déplore que trop souvent, l’humain est oublié.

« La grosse crainte, c’est qu’est-ce ces gens-là vont faire? Parce qu’ils ne veulent pas retourner dans leur pays », confie-t-elle.

Les élus municipaux pressent Québec et Ottawa de cesser de s’envoyer la balle et de travailler ensemble pour éviter que des gens comme Cédric et Sandrine soient dans l’obligation de refaire leurs valises.