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Production acéricole : une formation intensive pour combler le manque de main-d’œuvre

Publié le 16 janvier 2026 à 17:29, modifié le 16 janvier 2026 à 17:29

Par: Charles Boisvert

Une nouvelle formation en production acéricole a été mise sur pied depuis octobre au Centre de formation professionnelle du Fleuve-et-des-Lacs. L’objectif est d’amener les étudiants plus rapidement sur le marché du travail.

De futurs acériculteurs partent en stage lundi. Audrey Cyr ira peaufiner ses connaissances à la Sucrerie des deux versants à Saint-Athanase.

« J’ai hâte de pouvoir travailler dans le bois, de pouvoir entailler, de pouvoir passer du temps à apprendre un peu plus encore sur le domaine », explique l’étudiante en acériculture.

Ce sera une expérience pratique sur le marché du travail pour elle et ses sept collègues de classe au centre de formation professionnelle à Pohénégamook.

« On va commencer la saison de l’embouteillage. Ça va durer normalement jusqu’à fin février et après ça on fait le bouillage », mentionne Anthony Bergeron, un autre étudiant. « Ça permet d’avoir quelque chose que tu n’es pas juste dans les cahiers dans les livres, c’est vraiment le fun ».

Régler la pénurie de main-d’œuvre

Les étudiants sont déjà embauchés par leurs futurs employeurs, eux qui souhaitent régler une grave pénurie de main-d’œuvre. La formation dure 1005 heures et est rémunérée. Les cours se donnent dans une érablière-école unique au Québec qui permet aux étudiants de toucher à toutes les sphères de l’acériculture.

« C’est un travail qui est physique, qui est intense, mais qui est aussi diversifié. Tu peux faire de tout, donc tu ne t’ennuies jamais. Une journée, tu vas faire de la soudure. L’autre, tu vas bûcher les arbres. Après ça, tu fais de la cuisine comme si tu étais un chef cuisinier », souligne Anthony Bergeron.

Malgré tout, certaines entreprises ont confié à Luc Soucy, directeur de la formation professionnelle au Centre de formation du Fleuve-et-des-Lacs, qu’elle ne pouvait pas se départir d’étudiants embauchés pour qu’ils suivent leur cours. Résultat : la cohorte compte huit élèves, alors qu’elle aurait pu être de douze.

Le projet est une initiative novatrice qui offre une formule travail-études. Plus de 50 % de la formation des étudiants se déroule directement en entreprise.

« L’élève est plus dans son milieu de travail qu’à l’école », indique Luc Soucy.

« C’est qu’on va vraiment dans le concret, pour que les étudiants puissent toucher et participer à la production pour apprendre à être encore plus versatiles », précise Véronique Bolduc, enseignante en production acéricole.

« Ça fait en sorte que quand on arrive en stage, on n’est pas des poules pas de tête perdues. On sait où on s’en va », affirme Anthony Bergeron.

L’optimisme règne

En novembre, les acériculteurs du Bas-Saint-Laurent dénonçaient que Québec a réduit de moitié le nombre de nouveaux hectares promis en forêt publique. Les étudiants restent optimistes pour l’avenir de leur profession.

« Définitivement que c’est un domaine qui est en plein essor », soutient Anthony Bergeron.

« On est au début en fait de l’histoire de l’acériculture », conclut Audrey Cyr.

Une aide de 280 000 $ a été accordée par AGRIcarrières et la Commission des partenaires du marché du travail pour le projet.