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Compressions en santé : plus de 430 citoyens rassemblés pour l’urgence de Pohénégamook 

Publié le 15 janvier 2026 à 11:42, modifié le 16 janvier 2026 à 09:31

Par: Megan Maltais

Une consultation publique a eu lieu hier concernant l’avenir de l’urgence de Pohénégamook. Plus de 430 personnes se sont rassemblées. Le comité pour le maintien des services médicaux d’urgence 24/7, les élus et les citoyens ont réitéré leur demande pour un moratoire d’un an concernant les services offerts à l’urgence.

L’Église du quartier d’Estcourt à Pohénégamook était pleine à craquer. Plus de 430 citoyens du Transcontinental s’étaient rassemblés. Le message est clair : la population va se battre jusqu’au bout.

« On est une région négligée par le gouvernement, par la santé. Ce soir, on bouge », lance un citoyen.  « On va toujours être là pour s’opposer à une décision comme ça », ajoute une dame.

« S’ils [Santé Québec, le gouvernement et le CISSS] leur arrivent une urgence et qu’ils doivent faire une heure de route et qu’ils perdent un être cher, j’aimerais savoir comment ils réagiraient par rapport à Pohénégamook. C’est ça qu’on vit », illustre l’ancien maire de Pohénégamook, Guy Leblanc, qui a été en poste de 2005 à 2009.

« Nous, on reste à Saint-Athanase. De Saint-Athanase à Notre-Dame-du-Lac, ça prend une heure et je traverse 5 villages. De Saint-Athanase à Rivière-du-Loup, c’est 45 minutes. S’il n’y a pas d’urgence, ça arrive durant la nuit, bye bye, mon chum » précise une citoyenne.

Au-delà des attentes

La participation citoyenne a dépassé les attentes des organisateurs. « Moi je pense qu’on ne fait pas fausse route en demandant au gouvernement de maintenir cette urgence-là 24h sur 24, 7 jours sur 7 », affirme le porte-parole du Comité pour le maintien des services médicaux d’urgence 24/7, Gilles Pelletier.

Le maire de Pohénégamook, Benoît Morin, estime qu’il « fallait vraiment que la population se mobilise pour envoyer un message clair. C’est ce qu’on demandait et c’est ça qu’on a vu et qu’on a reçu ».

Livraison importante 

Et chaque personne qui a assisté à la consultation a signé une lettre qui sera envoyée directement à la ministre de la Santé. Sonia Bélanger recevra plus de 400 lettres.

« Vous me direz que recevoir 50 lettres et le lendemain 50 lettres, ce n’est peut-être pas sérieux. Mais si elle sait que chaque personne s’est déplacé un mercredi soir de janvier pour venir assister à une rencontre et signer cette lettre-là, je pense que politiquement ç’a un poids énorme », considère Gilles Pelletier.

La lettre réaffirme l’importance de maintenir les services tels qu’ils sont et de réitérer la nécessité d’un moratoire.

Filet de sécurité 

Pour Caroline Thibault, une proche aidante qui s’occupe principalement de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, l’urgence est plus qu’un simple service, c’est un filet de sécurité.

« C’est une maladie qui vient avec beaucoup d’incertitudes et on a souvent à se déplacer à l’urgence parce qu’il arrive des situations. Elle a chuté, sa santé s’est dégradée, on doit consulter. C’est rassurant. »

Le comité a déploré à plusieurs reprises de ne pas avoir pu rencontrer la députée-ministre Amélie Dionne. Le Comité participera aux consultations publiques organisées par le CISSS dans la semaine du 26 janvier.