Fraude de 200 000 $: la fraudeuse condamnée, les propriétaires brisent le silence
Publié le 8 janvier 2026 à 16:20, modifié le 8 janvier 2026 à 17:30
Par: Patrick Giguère
Après s’être fait voler plusieurs dizaines de milliers de dollars par une employée en qui ils avaient confiance, les propriétaires d’une épicerie de Rivière-au-Renard voient enfin la fraudeuse condamnée. Diane Chrétien a pris le chemin des cellules ce matin pour vingt mois.
« Oui, je le faisais pour nous, mais je le faisais aussi pour nos employés qui veulent avoir la tête haute, et pour toutes les petites entreprises », lance Monia Côté, la femme du propriétaire de l’épicerie du village.
Après plus de cinq ans à jouer aux détectives avec l’aide d’une employée et de démarches judiciaires, c’est finalement jeudi matin que Diane Chrétien a pris le chemin de la détention.
« Avec notre complice Martine Maltais, qu’il ne faut pas oublier : elle m’a énormément aidée dans les recherches pendant deux ans », souligne Mme Côté.
Lors de son interrogatoire, l’accusée, qui était gérante des caisses de l’entreprise familiale depuis une dizaine d’années, a avoué avoir volé entre six et sept cents dollars par semaine à son employeur.
Le stratagème était toujours le même : Diane Chrétien scannait une cartouche de cigarettes demandée par une personne qu’elle connaissait, retirait la valeur de l’achat en argent, faisait payer le client, puis s’appropriait le butin.
« Je tiens à souligner le travail et la vigilance de l’épicerie Alban Aspirault. Leur travail important et toutes les mesures qu’ils ont prises ont permis d’obtenir aujourd’hui ce résultat », a tenu à souligner la procureure au dossier, Me Camille Méthot.
Faute de preuves suffisantes, le tribunal n’a pu retenir qu’une période de six ans et demi et a estimé le montant du vol à 200 000 dollars, alors que les propriétaires évaluent la somme à plus de 364 000 dollars.
« Elle était très bonne en mathématiques parce que chaque avant-midi et après-midi, elle savait sortir son argent, et à la fin de son shift, elle avait toujours le montant exact, car elle balançait toujours », laisse tomber Mme Côté.
Le tribunal a ordonné à l’accusée de rembourser à son ex-employeur un montant de 75 mille dollars.
« Cela ne sera jamais suffisant pour le montant qu’elle nous a volé. C’est sûr que c’est un soulagement, mais on aurait aimé récupérer toute la somme », admet Mathieu Aspirault, le gestionnaire du marché d’alimentation.
« De notre côté, nous sommes tout de même assez satisfaits et heureux de la décision rendue, surtout que la juge a suivi la proposition du ministère public en matière de peine », a ajouté la procureure, précisant que le tribunal a pris en considération de la capacité de payer de l’accusée pour établir le remboursement.
L’accusée avait expliqué à la cour avoir agi en raison de difficultés financières, affirmant vouloir aider son fils adulte.
«Elle a toujours dit que c’était seulement à cause de son fils : “C’est mon fils, c’est mon fils.” Diane n’a montré aucun remord, aucune larme, rien », déplore M. Aspirault.
En plus de la peine de détention, la fraudeuse devra se soumettre à une probation de trois ans. Elle ne pourra ni communiquer avec les employés et les propriétaires de l’établissement, ni remettre les pieds dans l’épicerie où elle travaillait.
« C’est peut-être quelque chose qui va pouvoir aider les entreprises qui ne veulent pas se lancer dans ce processus ni faire de recherches, mais voir les résultats va peut-être amener les petites, moyennes et grandes entreprises à se lancer dans le processus », souhaite le gestionnaire.