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Faillite et fermeture : qu’adviendra-t-il de l’usine F.F. Soucy?

Publié le 24 décembre 2025 à 13:17, modifié le 24 décembre 2025 à 13:17

Par: Charles Boisvert

La nouvelle de la faillite de l’usine F.F. Soucy de Rivière-du-Loup a eu l’effet d’une bombe dans la région hier. La fermeture définitive a été annoncée, alors que la papetière s’est placée à l’abri de ses créanciers, en raison d’une dette importante.

La division de Papiers White Birch à Rivière-du-Loup a ainsi fait appel au syndic Raymond Chabot. Son représentant attitré à F.F. Soucy, Emmanuel Phaneuf, indique que l’entreprise cumule 94,5 millions de dollars de dettes garanties et non garanties, notamment envers des fournisseurs et des syndicats bancaires.

Le syndic va assurer la maintenance des installations, avec du chauffage et de la sécurité, grâce à une vingtaine d’employés. L’objectif est de garder l’intégrité des actifs en attendant de trouver un acquéreur.

« C’est ce qu’on va s’affairer à faire le plus rapidement possible. Au terme d’un processus de mise en valeur, je n’ai pas de boule de cristal malheureusement, mais on va voir si on a un acquéreur, si on a des offres pour l’actif », indique Emmanuel Phaneuf.

La question demeure toutefois entière : est-il encore réaliste de sauver l’usine ? Rappelons que le syndicat Unifor disait que les machines de l’usine de Rivière-du-Loup figurent parmi les plus performantes au monde pour la production de papier journal.

Investissements privés requis

Interrogé à ce sujet, le professeur en foresterie à l’Université Laval, Luc Lebel, explique que les difficultés de l’usine, combinées au déclin du marché du papier journal, rendent une transformation des équipements inévitable. Il précise que les exemples observés ailleurs au Canada et dans le monde démontrent que de telles reconversions exigent des investissements majeurs, souvent de l’ordre de centaines de millions de dollars, avec une participation financière de l’entreprise.

« Qu’on reste sur le créneau ou qu’on aille sur un nouveau créneau, tout investisseur va demander aussi des appuis gouvernementaux. C’est ce qu’on voit. C’est ce qu’on a vu historiquement, c’est ce qu’on voit un peu partout dans le monde. Mais vous demandez si c’est réaliste. Je vous répondrai : c’est possible », mentionne Luc Lebel.

Le professeur ajoute qu’une éventuelle relance de l’industrie papetière passerait également par un apaisement des tensions commerciales avec les États-Unis ainsi que par la mise en place d’un nouveau régime forestier.

Rappelons que 175 travailleurs ont perdu leur emploi à la suite de cette fermeture et que c’est une page d’histoire qui se tourne à Rivière-du-Loup.