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Compressions en santé : « une urgence qui fonctionne » à Trois-Pistoles 

Publié le 19 décembre 2025 à 16:47, modifié le 19 décembre 2025 à 17:24

Par: Megan Maltais

L’année 2025 va bientôt se terminer et l’inquiétude persiste concernant les urgences de Trois-Pistoles et de Pohénégamook.  Dans les Basques, le personnel de la santé continue de réclamer des réponses. Questionnée sur l’avenir des urgences lors de son bilan de session parlementaire, la députée-ministre a tenu des propos qui ont fortement fait réagir.

La députée-ministre Amélie Dionne a réitéré qu’elle appuie la décision du CISSS et qu’actuellement, les citoyens ne reçoivent pas les soins qu’ils méritent.

« Pour ma part, madame Dionne a une mauvaise compréhension du réseau public. Clairement qu’elle minimise tous les efforts qui sont faits par les professionnels en soin pour maintenir les services en place et donner les soins dont la population a droit. J’ai trouvé ses propos un peu blessants », avoue la présidente régionale de la FIQ, Cindie Soucy.

Cette affirmation a surpris le personnel de la santé, qui donne corps et âmes pour assurer le service. « Ça fait des années qu’on réussit à trouver des solutions pour maintenir les services. On est tannée, l’impression un peu de faire rire de nous autres », précise le médecin et chef du service de l’urgence à l’hôpital de Trois-Pistoles, le Dr Maxime Martin.

« Ne faut pas oublier que c’est une équipe qui a décidé de travailler à l’urgence de Trois-Pistoles, ça ne leur a pas été imposé, c’est un choix », ajoute Cindie Soucy.

Une équipe « soudée » 

L’équipe de l’urgence se dit soudée, solidaire, créative et assure avoir à cœur le bien-être du service et des citoyens. Avec le personnel actuel, l’urgence pourrait garder le cap encore longtemps.

« Je suis tannée et croyez-moi que j’aimerais faire autre chose, mais il faut défendre nos services et quand on ne se sent pas représenté, on va mener le combat nous-même », assure le Dr Maxime Martin.

Pour l’une des membres du Comité citoyen pour l’urgence de Trois-Pistoles, Josiane Plamondon, le message est clair. « On vous l’a dit, ça fait un an qu’on vous le dit qu’on veut conserver notre urgence comme elle est. Les experts, c’est nous. »

Situation insoutenable 

Selon la présidente de la FIQ au Bas-Saint-Laurent, la situation est insoutenable pour les infirmières, qui vivent beaucoup d’anxiété. Elles posent des questions, mais n’obtiennent jamais de réponses. « Garder des gens dans une situation comme ça, insoutenable qui nuit à leur santé mentale parce que c’est trop dur comme situation et ça dure depuis beaucoup trop longtemps. »

Difficile de savoir si la nomination d’une nouvelle ministre à la Santé aura un impact. Plusieurs demandes de rencontres ont été envoyées à la députée-ministre et au CISSS du Bas-Saint-Laurent. Demandes qui ont été refusées ou reportées en février 2026.

« C’est évident que je ne sens pas qu’elle travaille pour nous. Quand je l’entends dans les derniers jours, essentiellement reprendre mot pour mot les communiqués du CISSS, j’ai l’impression qu’il y a plus d’efforts qui est mis à propager le message de la direction du CISSS du Bas-Saint-Laurent que de défendre et écouter sa population », estime le chef du service de l’urgence.

Le président de l’AQDR de l’Est-du-Québec, Pierre-Paul Malenfant, considère qu’il « faut que les ministres, que la ministre Dionne, que la ministre Bélanger lève le ton et disent que c’est assez et qu’il n’est pas question de fermer ce service de proximité là qui a fait ses preuves ».

Les citoyens et le personnel de santé sont « gonflés à bloc » pour la nouvelle année. En 2026, plusieurs moyens de pression sont prévus.