Des élus municipaux dénoncent l’intimidation et le harcèlement
Publié le 17 novembre 2025 à 17:11, modifié le 17 novembre 2025 à 17:44
Par: Alex Delcourt
Près du tiers des élus municipaux ont déjà considéré quitter leurs fonctions. Un sondage auprès des membres de l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick témoigne d’une croissance de l’intimidation et du harcèlement dans le milieu municipal.
Le constat est tout de même frappant. La moitié des répondants du sondage jugent que l’intimidation et le harcèlement a augmenté dans les dernières années. Les trois maires rencontrés aujourd’hui abordent dans le même sens.
64 % des élus disent vivre du harcèlement dans le cadre de leurs fonctions, selon un sondage réalisé auprès de 48 élus anglophones et 30 élus francophones de la province. Ce qui revient le plus souvent sont le harcèlement psychologique et le cyberharcèlement, donc par l’entremise d’internet et des réseaux sociaux.
« Durant l’année 2021, j’ai dû fermer ma page Facebook compte tenu des différents messages haineux, du harcèlement que je vivais continuellement. » – Denis Losier, maire de Tracadie
On parle notamment de menaces envers son domicile personnel. À Belle-Baie, une sortie publique avait été organisé en septembre pour dénoncer l’intimidation et le harcèlement envers les élus, mais surtout les employés de la municipalité. On a carrément fermé la section commentaire sous les publications Facebook de la ville côtière.
« Les médias sociaux sont un problème. Ce n’est pas tellement ce qui est dit ou véhiculé, c’est la gestion de la désinformation. » – Daniel Guitard, maire de Belle-Baie
Et trois maires rencontrés aujourd’hui sont d’accord, ça ne va pas en s’améliorant, plus spécifiquement depuis la pandémie de Covid-19. Le harcèlement et l’intimidation ne se limite pas à la relation entre les élus et les citoyens. Ce comportement s’observe aussi entre élus comme c’est le cas à Tracadie et dans les Hautes-Terres.
« Moi, personnellement, dans toutes mes années de politique, je ne pense pas avoir été harcelé ou intimidé. Cependant, depuis que je suis maire, sur notre conseil, on a eu de l’intimidation. Écoute, c’est rendu loin. C’est rendu devant la Cour du banc du roi. » – Denis Landry, maire des Hautes-Terres
Dans les Hautes-Terres, ça implique un conseiller en particulier. Selon les maires rencontrés, il est temps de passer à l’action et trouver des solutions, avant que la position d’élu ne soit plus désirée.
« On est vraiment laissé à nous-même. À part si on est menacé qu’on va nous tuer ou couper les deux jambes. C’est probablement juste dans des cas vraiment extrêmes ou très graves qu’il y a des mesures qui peuvent être prises. » – Denis Losier, maire de Tracadie
Les différents maires avouent ne pas être surpris par le départ de certains de leurs collègues à travers la province en plein mandat ou à la fin de celui-ci au printemps prochain.