Économie de la forêt : des propos du premier ministre qui choquent la région
Publié le 14 novembre 2025 à 14:43, modifié le 14 novembre 2025 à 14:45
Par: Louis-Philippe Morin
Les tarifs américains sur le bois d’œuvre pourraient coûter cher à la région. Le premier ministre du Québec estime qu’au moins 30 mille emplois dans le secteur forestier pourraient être menacés. Monsieur Legault propose même aux travailleurs du secteur d’envisager aller travailler pour Hydro-Québec… Il a même avancé que des formations pourraient être offertes aux travailleurs qui en font la demande, afin de les relocaliser dans un autre secteur. Une suggestion qui, on le devine, choque et blesse la région.
Les tarifs américains de 45% sur le bois d’œuvre ne semblent pas vouloir s’estomper. Devant les impacts économiques de cette décision, la région aurait espéré un signe que la province se battrait pour trouver des solutions… Mais le discours de Québec ne présage rien de bon.
« La solution… C’est que monsieur Trump se rétracte et qu’il change d’idée. C’est ce que je souhaite. Mais, à l’heure actuelle, on n’est pas sûr… On n’est jamais sûr avec ces décisions, monsieur Trump. Monsieur Legault, lui, il suit la musique. », nous dit Michel Arseneault, un travailleur sylvicole.
Québec suggère même, si la situation ne se redresse pas, une réorientation de carrière à ceux qui voudraient quitter le milieu. Une proposition qui blesse les travailleurs forestiers régionaux.
« Je ne suis pas sûr qu’un gars va retourner à l’école à 60 ou même 67 ans à l’école pour apprendre des choses nouvelles, je ne suis pas sûr de ça, pantoute. Je pense que monsieur Legault fait fausse route là-dessus. », sourcille monsieur Arseneault.
Les réactions ne viennent pas que des travailleurs. Les politiciens régionaux, dont l’économie locale tient en partie sur le travail forestier, sentent que le gouvernement abdique rapidement et qu’il n’a pas étudié toutes les possibilités.
« C’est une annonce qui a été faite à Montréal. On aurait souhaité être consulté, impliqué dans les réflexions. On espère de l’être éventuellement… Parce que des travailleurs forestiers il y en a en Gaspésie et aussi Murdochville, on est un peu déçu. », lance le maire de Murdochville, Stéphane Gamache.
« Qu’on se fasse un plan de match et qu’on retourne rencontrer ces gens-là. Peut-être qu’ils pourront nous donner une direction qui sera plus utile pour tout le monde. Mais, ce n’est pas vrai qu’on va rester à ne rien faire, pas du tout! », ajoute le maire de Nouvelle, Richard Saint-Laurent.
« Si Hydro-Québec développe effectivement les 6000 MW, promis dans l’Est du Québec au niveau éolien, ça nécessite de nouvelles lignes de transport. Et une nouvelle ligne de transport va nécessiter des travailleurs forestiers qui travaillent là-dessus. C’est peut-être ça que le premier ministre voulait dire., propose le maire de Gaspé, Daniel Côté.
Pour le moment, on continue de couper, de transporter, de scier… mais l’économie locale pourrait frapper un nœud au cours des prochains mois.
« Ça ne regarde pas bien pour l’avenir… Je me pose la question. Moi, je regarde ça… Non ce n’est pas beau. Ce n’est pas beau. Il y a beaucoup de questions à se poser là-dessus. Qu’est-ce qu’il va finir par arriver au bout du compte? », soupire le travailleur forestier.