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Découverture à Maria: le Syndicat des infirmières dénonce une gestion « improvisée »

Publié le 14 novembre 2025 à 13:24, modifié le 14 novembre 2025 à 16:58

Par: Patrick Giguère

Le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est du Québec (SIIIEQ) tire la sonnette d’alarme devant la multiplication récente des découvertures de service en obstétrique à l’hôpital de Maria. Une situation qu’il juge dangereuse pour les futures mères et leurs nouveau-nés.

« La situation aurait pu être évitée depuis des mois. On attend souvent, je pense, au CISSS de la Gaspésie de frapper le mur avant d’agir, mais il est souvent trop peu trop tard », lance Pier-Luc Bujold.

Le président du Syndicat des infirmières accuse le CISSS de la Gaspésie de manquer de proactivité dans le remplacement des postes vacants en raison de congés de maladie ou de maternité.

En ce moment, dix infirmières sont en arrêt de travail et seulement sept assurent à elles seules le service d’obstétrique.

« L’employeur néglige et refuse d’afficher les postes de remplacement sur cette unité. On nous dit qu’il y a des demandes affichées, mais ça stagne quelque part dans l’organisation. Ce n’est pas une approche proactive pour combler les besoins », déclare-t-il.

Actuellement, tous les postes en obstétrique à l’hôpital de Maria sont pourvus, et deux remplacements sont affichés, indique le CISSS. D’autres demandes de personnel ont été formulées, mais n’ont pas trouvé preneur.

« Actuellement, en Gaspésie, ce sont 47 postes vacants après affichage d’infirmières qu’on a pour tous nos établissements », fait savoir le directeur des soins, Maxime Bernatchez.

Autre point de friction : la mise en place d’un protocole d’urgence improvisé, non validé par l’équipe médicale.

Selon le plan de contingence, deux infirmières doivent être présentes sur le plancher en tout temps. Lorsque l’une d’entre elles est absente, les patientes doivent alors être transférées dans un autre établissement. Mais pour le moment, une sage-femme est appelée en renfort.

« Il faut savoir que les sages-femmes ne peuvent pas administrer de médicaments par voie intraveineuse, ne sont pas autorisées à effectuer certaines surveillances et ne sont pas habilitées à intervenir au bloc opératoire », explique-t-il. « Ça met la clientèle maman bébé à risque parce que ce n’est pas quelque chose qui approuvé et qui est rodé », poursuit-il en faisant référence à une sage-femme qui ne peut remplacer une infirmière advenant une situation d’urgence qui devrait impliquer les équipes du bloc opératoire, par exemple.

Quatre infirmières présentant des symptômes s’apparentant à l’influenza ont été retirées du plancher au cours des derniers jours. On n’a pas jugé nécessaire d’aviser la population de cette découverture en raison de ces deux courtes périodes de 16 heures. La clientèle ne courait aucun risque, assure-t-on.

« Durant cette courte période de découverture, on a toujours un médecin qui est sur place et une infirmière qui est habilitée », indique M.Bernatchez.

Le syndicat affirme également que la Direction des soins infirmiers communique les découvertures « au compte-gouttes » et refuse de produire des notes de service ou d’informer la population, par crainte de générer de l’inquiétude.

La dernière découverture partielle officiellement signalée par le réseau de santé date du 31 octobre.

« Je pense que la population est en droit de savoir ce qui se passe avec leur institution de santé », affirme M.Bujold.

Le SIIIEQ prévient que plusieurs de ses membres sont à bout de forces, tant physiquement que psychologiquement, et que certains envisagent même de quitter leur poste ou de se réorienter complètement.

Le CISSS  mentionne que le plan de contingence est en cours de révision afin d’intégrer les sages-femmes au sein de l’équipe clinique.