Travailleurs étrangers : une dizaine de postes menacés au Petit Manoir du Casino
Publié le 16 octobre 2025 à 15:58, modifié le 16 octobre 2025 à 15:58
Les nouvelles règles fédérales limitant à 10% la proportion de travailleurs étrangers temporaires dans une entreprise ont des répercussions sur l’industrie touristique de Charlevoix, particulièrement en hôtellerie. À La Malbaie, Le Petit Manoir du Casino pourrait perdre jusqu’à 10 employés.
Éloïse Goguy et Lucas Regignano aiment leur travail à la réception du Petit Manoir du Casino et veulent bâtir leur vie dans Charlevoix. Mais les changements en immigration ont bouleversé leurs plans. Leurs contrats de deux ans ne pourront pas être renouvelés.
« On est dans l’incertitude totale et on se sent impuissant, parce qu’au final, dès lors où on envisage une voie, celle-ci se referme et à chaque fois qu’on arrive à… on pense être le sommet, bien non, le sommet est toujours plus haut, plus haut, plus haut », partage avec émotion Éloïse Goguy, qui est superviseure à la réception.
Permis d’études, résidence permanente… les deux collègues tentent d’autres démarches pour pouvoir rester, mais les délais sont longs et rien ne garantit une réponse positive.
« Je ne peux pas commencer à prévoir et à planifier ma vie ici, parce que je ne sais vraiment pas si je peux rester. Donc là, je suis un peu entre deux chaises, en fait, à me dire : est-ce que je vais retourner en France? Est-ce que je suis là? Je suis vraiment dans le flou, quoi », laisse tomber Lucas Regignano, réceptionniste depuis un peu plus d’un an.
Leur employeur consulte avocats et députés pour trouver des solutions en pleine pénurie de main d’œuvre.
« Ça fait du roulement de personnel et c’est exactement ce qu’on ne veut pas. On veut les garder, ceux qu’on a présentement, pour qu’ils puissent justement avoir l’opportunité de rester en région. Ils sont formés, ils connaissent l’établissement », souligne Flore Colmant, directrice de la réception au Petit Manoir du Casino.
Perdre jusqu’à 10 employés ne sera pas sans impact sur la rentabilité de l’entreprise. « On va se retrouver un petit peu comme on était lors de la COVID et où on avait de la difficulté à avoir du personnel en région ou de l’étranger. En fait on va devoir tous mettre notre main à la pâte, fermer des chambres », craint la directrice.
En attendant, l’équipe reste soudée et prend une journée à la fois. « Et puis espérer que les lois évoluent et que le seuil des 10 % soit levé », ajoute Éloïse Goguy.
Charlevoix n’est pas la seule région touchée par l’effet des nouvelles règles. Selon l’Association Hôtellerie du Québec, trois hôteliers sur quatre anticipent des conséquences graves d’ici un an.