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Crimes violents: Bruno-Pierre Godbout échoue dans sa tentative de réintégrer la société

Publié le 30 septembre 2025 à 11:29, modifié le 30 septembre 2025 à 16:15

Par: Patrick Giguère

La juge Janik Poirier rejette à son tour la demande de remise en liberté de Bruno-Pierre Godbout. Le conseiller municipal de Chandler et technologue en physiothérapie restera derrière les barreaux jusqu’au verdict de son procès.

La semaine dernière, l’avocate de l’accusé, Me Ariane Cayer, et son client de 36 ans avaient présenté un nouveau plan de sortie.
Celui prévoyait que le frère de Bruno-Pierre Godbout se porte garant d’une caution de 10 000 $ ainsi que le déménagement de Godbout dans sa région natale de Bellechasse. Mais cela n’a pas suffi pour convaincre la magistrate.
De son côté, la Couronne s’y opposait, et ce, pour les mêmes raisons qu’en avril dernier.
Me Marie-Laurence Rondeau évoquait des enjeux de sécurité du public et des présumées victimes, ainsi que pour préserver la confiance du public envers la justice.
Le tribunal a donné raison à la Couronne, maintenant l’accusé derrière les barreaux.
Dans sa décision, la juge Poirier a reconnu que Godbout avait bénéficié de rencontres en relation d’aide en milieu carcéral, notamment grâce à l’organisme Convergence.  L’accusé a aussi exprimé son intention de participer à un programme destiné aux hommes désirant cesser d’exercer de la violence et mieux gérer leurs émotions, et manifesté un intérêt pour des services en employabilité et un suivi psychosocial.

« Il veut occuper un emploi, mais se montre visiblement très sélectif. L’accusé fait une évaluation très positive de ses compétences. Il veut un emploi qui lui convient, alors qu’il fait face à de sérieuses accusations de violence et qu’il a au surplus une cause pendante en matière de fraude. Il exprime des attentes professionnelles dont le réalisme reste à démontrer. »

À première vue, le portrait semblait positif, a indiqué la magistrate. Toutefois, le tribunal a jugé que le plan présenté était essentiellement le même que celui déposé en avril dernier et qu’il ne suffisait pas à rassurer quant aux risques que représente l’accusé, et ce, malgré la caution significative que son frère était prêt à déposer.
La consommation d’alcool demeure une préoccupation centrale du tribunal.
Godbout a affirmé à sa travailleuse sociale que celle-ci n’avait jamais eu d’impact sur sa vie personnelle, familiale, amoureuse ni professionnelle avant son incarcération.
Or, cette affirmation contredit de nombreux éléments de preuve, ainsi que certains de ses propres propos tenus devant le tribunal, où il a reconnu que lorsqu’il consommait de l’alcool fort, il devenait « un petit peu baveux », a rappelé la juge.
« Cette affirmation est en contradiction flagrante avec de nombreux éléments de la preuve et même, dans une certaine mesure, avec les propos tenus par l’accusé lui-même », a indiqué la magistrate lors de l’audience. 
« L’accusé se rapprocherait de ses parents et de son frère qui vivent dans les environs. Cette proximité géographique favoriserait des contacts plus fréquents avec sa famille. Cela ne démontre toutefois pas que ses parents ou son frère aurait un quelconque ascendant sur lui en ce qui concerne le respect de ses conditions », alors que le frère de l’accusé a un horaire chargé et se rend à toutes les toutes les fins de semaines boire de la bière avec son paternel.  «Cela ne rassure guerre le tribunal quant à une influence positive de la famille élargie en ce qui concerne l’alcool. L’accusé affirme même que lors d’une conversation avec eux, à partir du centre de détention, il constate que son frère et son père ont une bière à la main et il les ramène à l’ordre », a rappelé la juge.
Un procès sous peu ?
Lors de l’audience, la juge Janik Poirier a indiqué avoir communiqué avec la juge coordonnatrice afin de connaître les disponibilités pour la tenue du procès.
Des dates en décembre ou en janvier 2026 pourraient être retenues. Cinq jours d’audience, devant un juge de la Cour du Québec, sont prévus.
L’accusé a exprimé le souhait de régler ses dossiers rapidement.
Bruno-Pierre Godbout fait face à douze chefs d’accusation, dont d’agressions sexuelles armées, harcèlement et séquestration, sur trois présumées victimes.
Les gestes allégués auraient été commis entre 2010 et 2025.
Ses dossiers reviendront devant le tribunal le 23 octobre.